Harmonie et Unité

Dans l’Ordre universel tout est à sa place. Et l’ensemble sert la Gloire ainsi que le Dessein de Celui qui institua les choses, tout en orientant les êtres pensants (en toute bonne logique) vers Son Etre qui est Harmonie absolue ! Tel est le Projet initial et final : amener tout et tous à une Cohésion de fait et à une Communion au sein d’une Nature supérieure qui n’est rien moins que divine.

Tout ce qui brime, freine ou altère ce But (au niveau des hommes ce sont les pensées traduites en actes, l’ignorance, la nature inféodée à certains forces involutives) peut et doit être considéré comme une erreur car provoquant, à terme, une désunion métaphysique et une réelle impossibilité d’évolution ! La liberté permet certes le refus de la Grâce mais nous place aussi, de fait, en opposant : non seulement vis-à-vis des hommes qui ne correspondent pas à nos convictions, mais aussi de l’Esprit Lui-même qui cherche à TOUS nous relier…

Imaginons le monde tel un cercle fini : avec ses différentes croyances et incroyances toutes délimitées dans cette circonférence. Enlevons maintenant de cette sphère toutes les opinions qui ne correspondent pas à la nôtre (dans les faits cela revient à les combattre intellectuellement voire physiquement), que reste-t-il ? Nous, les élus, les choisis, les justement pensants… Nous avons gagné! Mais est-ce vraiment exact ? Dans un tel cas de figure, qui est loin d’être illusoire et non fondé dans la réalité (il n’est pour s’en convaincre que de noter certaines idées, propos ou écrits), nous avons oeuvré telle une caste de privilégiés, une élite qui s’estime au-dessus de la masse des hommes. Nous avons fait preuve d’intolérance envers quiconque est différent. Si cela s’était traduit concrètement, que serait-ce sinon un génocide ? Serions-nous dès lors meilleurs que ceux que nous avons méprisés? Chacun pourra répondre…

Cette image n’est pas aussi caricatural qu’elle paraît. De par les âges, au travers de multiples civilisations, et jusqu’à certains croyants des religions actuelles, nous sommes toujours dans un cycle de division et d’opposition. Il est même très étrange, pour peu qu’on analyse la chose, de voir avec quelle férocité beaucoup mettent l’accent sur les éléments de divergences plutôt que sur les données élévatrices ou positives pour l’ensemble. C’en est au point qu’il faille insister sur des paramètres pourtant rationnels et sains que d’aucuns, hélas, ne semblent plus distinguer. Ainsi, et au-delà du cercle des antagonismes entre religions différentes, il ne faut pas oublier la sempiternelle lutte entre Foi et Connaissance…

Pour nombre de fidéistes, méconnaissant le sujet, il existerait en ce domaine un danger notable (ce n’est d’ailleurs pas totalement faux !) qui orienterait l’hermétiste dans une voie uniquement dédiée à l’homme et exempte de toute Grâce : un chemin d’où serait écartée la Divinité… Une telle idée puise ses sources dans le rapport qu’entretiennent certains Ordres, Confrérie ou Mouvements associés en réseau (on pense spécialement à la fumeuse Franc-Maçonnerie) au sein de notre société. L’opinion générale est donc compréhensible, mais si l’analyse se fonde uniquement sur des chaînons, les réflexions ultimes ne peuvent cependant qu’être tronqués!

Les funestes démarches de ces Ordres prétendument initiatiques, qui ne sont que farces aux yeux des cheminant et véritables Initiés ou Adeptes, ne visent qu’à souiller les authentiques, sincères et saines aspirations des ces derniers, mais reste hélas ce fait implacable et oppressant: nombre de fidéistes estiment que le chemin initiatique est une contre-église, une abomination voire un culte rendu à l’homme seul…

En réalité, et ceux qui liront les pages sur Theurgie.com ne sauraient affirmer le contraire, la voie hermétiste est certes une Science mais ne détache nullement l’homme de son Créateur ! Bien au contraire… Et, tout comme la Foi à un niveau mystique, appréhende l’un et l’Autre dans une démarche unitaire qu’il nous faut trouver. La religion chrétienne parfaitement comprise ne prétend d’ailleurs pas autre chose, pour elle aussi il est question d’une seule chose primordiale : l’union de la nature et de la Grâce! Et qu’est-ce l’Adeptat des Théurges sinon la Transmutation de la nature humaine sous l’effet (et l’acceptation) du Feu divin ? Non par nos seules forces (comment en serions-nous capables ?) mais par la communion avec l’Esprit en nous : qui nous rend conforme à Lui et permet de dépasser l’Image !!

Qu’il n’y ait donc aucune ambiguité à ce sujet : bien qu’il utilise la Sagesse d’une Science (toujours bien méconnue, et donc fatalement décriée, par de nombreux hommes), celui qui parcourt le Sentier initiatique sait et comprend qu’il a beau avoir de multiples gardes sur sa citadelle, le véritable Gardien est la Lumière divine en Lui : c’est là qu’il puise toute aide, réconfort, maturité et sainteté! Les natures humaines, lorsqu’elles devaient faire le choix de la matérialité ou de la spiritualité, ont largement prouvées que si elles étaient laissées à elle-même et qu’elles désiraient marcher en toute indépendance, elles chutaient invariablement : car friables et non purifiées, et donc, inévitablement, victimes on ne peut plus faciles des tentations méphitiques ou des fourvoiements issus de leur structure imparfaite…

La Science hermétique, parce qu’elle est consciente des dangers inhérent à sa quête, parce qu’elle puise dans sa Tradition, se méfie donc totalement de ce que j’appelle l’Homothéisme : qui n’est qu’un piège flattant notre petit ego et qui mène, infailliblement, à une répétition de notre Chute ! Voire à notre perte…

Ces deux sentiers (celui de la Foi et de la Connaissance) sont donc loin d’être aussi disparates que le pensent les méconnaissant. D’autant moins qu’ils insistent, et d’égale manière, sur des moyens identiques : compassion, charité, amour du prochain, désintéressement, aide et partage… Il peut certes être question de distinctions sur la forme, mais ce qui importe n’est-ce pas le fond ?

L’initié (véritable) est cependant au faîte des potentiels dangers de sa démarche : il sait que, comme tout mystique, il se place de fait en opposition DIRECTE face aux adversaires métaphysiques et n’ignore pas moins que si son chemin s’arpente via la Connaissance de certains Arcanes il lui faut IMPERATIVEMENT le lier à l’Amour (au moins) voire à d’autres Qualités ! Car le Savoir, par lui-même, ne mène pas à la Vie : seul l’Amour à ce pouvoir. Le Savoir détaché de la Grâce ne mène qu’à l’orgueil, à la vanité, à la corruption, et fait de celui qui en abuse une cible de choix pour les Déchus ! C’est là toute la symbolique intelligente que l’on trouve dans la Genèse.

Ceci étant bien compris, faut-il pour autant s’empêcher de réfléchir personnellement ? Est-il inutile de vouloir comprendre ? Est-ce mal (lorsqu’on sait s’accomoder d’humilité), de saisir que quoi que l’on fasse rien ne se vole à la Providence : Celle-ci accordant Ses Bienfaits EN FONCTION DE L’AMOUR DEPLOYE ? Ces dits Bienfaits seront-ils donc refusés à ceux qui usent de la Connaissance hermétiste AUTANT qu’ils aiment ? L’histoire attestent plutôt du contraire. Pour ne prendre qu’un exemple, il suffit de penser à Albert le Grand (appelé  » le Grand  » de son vivant), philosophe, théologien, naturaliste, chimiste, mage, alchimiste. Professeur de renom et maître de Thomas d’Aquin… Dira-t-on qu’il ne s’agit pas là d’un illustre personnage, important non seulement pour son époque mais jusqu’à la nôtre ? Pourtant Mage et théologien… Osera-t-on faire valoir que le Docteur angélique, dont l’influence sur la doctrine chrétienne n’est plus à démontrer, ne s’en inspirât pas ? Le renia-t-il ?

Exclure, repousser, écarter (pour diverses raisons fallacieuses et erronnées) ceux qui n’adhèrent pas à nos conceptions mentales, à notre Foi, à notre Eglise voire à notre culture, est donc en finalité aussi improductif que dangereux ! C’est non seulement repousser l’Oeuvre divine Elle-même tout en se croyant « pur », mais c’est également donner grand avantage aux véritables ennemis du genre humain qui, depuis toujours, sapent toute saine réconciliation (à quelque niveau que ce soit) entre les hommes… Pourtant, lorsque deux êtres aimants mais avec des opinions, des chemins ou des dogmes divergents se rencontrent, l’essentiel est-il leur différences de conception ou leur sentiment charitable ? S’ils venaient à mourir ensemble, le Jugement s’effectuera-t-il sur leur Foi ou leur capacité à avoir répercuté le Précepte Christique ? Toute personne intelligente peut aisément trouver la réponse et, de ce fait, comprendre l’essentialité et la réalité du vrai Chemin…

Dès lors, quelle importance si telle personne ne rentre pas dans notre cadre personnel défini et reposant ? L’essentiel doit-il s’axer sur ce que pense autrui ou sur le fait qu’il atteste du Commandement christique ?

Bien plus : doit-on s’échiner à juger ? Ne conviendrait-il pas plutôt de montrer l’exemple d’un être qui fonde sa vie sur le Principe ? Ce Principe qui est intégré, sous une forme ou une autre, au sein de toutes les croyances et, surtout, au sein de tout homme ! Ce Principe, nommons-Le Esprit divin, qui ne cherche qu’une unique chose : nous conformer à Lui-même. Mais comment cela serait-il possible si notre ego, notre faiblesse, notre ignorance ou nos erreurs structurelles manifestent sempiternellement une démarche non unitaire, fragmentée, soucieuse uniquement de notre petite personne, de notre groupe, de nos certitudes ?

Rappelons donc ici cette grande vérité sur laquelle l’odieuse déviation du mental (l’orgueil) ne peut plus s’accrocher : n’évolue, ne grandit, n’entre de plein pied dans le Désir divin que celui qui partage, qui donne (de son temps, de son être, de son savoir), qui aime SANS JUGER ! Nul ne grandit sans aimer, aider voire relever autrui !! Et surtout ceux qui lui sont dissemblables…L’Evolution spirituelle ou le salut (opinion fidéiste) appelle notre collaboration pour changer non seulement le monde mais ce qui le caractérise fondamentalement : c’est-à-dire le COEUR de tout homme…

Le précepte du Christ bien compris est donc celui-ci : c’est dans un océan de relations apaisées, fructueuses et tolérantes que se trouve la Voie ! Les multiples fourches (dues à notre culture, notre environnement, notre éducation) ne sont, elles, que des sentiers mis à notre disposition par la Providence afin que nous puissions porter le maximum de fruits là où nous sommes…

L’important n’est donc pas tant ce que nous croyons mais, surtout, ce que nous faisons! Ce qui importe est la réponse qui jaillit de notre conscience face aux multiples merveilles divines (externes et internes). La grandeur, la profondeur et la dimension toute entière de notre engagement n’est donc pas à comparer avec celui de quiconque ( là encore c’est un jugement) : cela doit juste être !

Le Christ demande uniquement d’aimer, va-t-on dès lors repousser ceux qui le font et n’ont pourtant pas d’opinion similaires aux nôtres ? Penses-t-on réellement que l’Oint le ferait, Lui ? Si certain l’estiment, rendant donc le Commandement caduc, qu’ils sachent ceci : PARTOUT où règne l’Unité désintéressée règne le Parfait !! Que le chemin soit parcouru via le Savoir (uni à l’Amour) ou l’amour comme seul guide et avec une Foi brut, l’essentiel reste cependant toujours l’Amour partagé vers quiconque… Et pour la Divinité qui est Plénitude de l’Amour il n’y a aucune différence entre les hommes qui aiment leur prochain ! Dans le cas contraire, Elle nierait Sa Nature-même… Sachant, en outre, même si beaucoup l’ignorent, que nul ne peut aimer durablement et justement sans les effluves de l’Esprit en nous, il ne fait donc aucun doute que rend réellement grâce à Qui de droit celui qui, dans son existence, acte la Transcendance de l’Image et atteint la Ressemblance… Qu’il suive une voie fidéiste, hermétiste ou aucune spécifiquement, s’il aime aux possible de ses forces ce sera toujours l’Esprit qui aimera à travers lui ! Si on comprend cela, on saisira également l’absolue futilité de certaines attaques sur la croyance, la mal croyance, la non croyance ou la croyance différente.

PEU IMPORTE CE QUE L’ON CROIT DU MOMENT QUE L’ON AIME COMME LE CHRIST AIMA !!

Accepter cette réalité c’est finalement ôter (en nous et aux adversaires) un terreau dans lequel ne pourra plus croître le venin de la division. C’est comprendre que l’Harmonie entre tous, quelques soient nos convictions propres, est possible si chacun se focalise sur le Principe qui nous a fait comprendre, à travers les âges et via de multiples personnalités, que l’Axe autour duquel il nous faut graviter est unique et ne porte qu’un Nom, que le Chemin qu’Il nous invite à prendre est possible POUR TOUS et que ce qui compte, fondamentalement, ce ne sont pas les mots que nous plaçons sur les choses ou les êtres, mais d’assimiler et surtout d’acter ce qui est, fut et sera toujours la Voie, la Vérité et la Vie !! Qui que nous soyons au niveau de notre race, de notre couleur, de notre culture, de notre éducation, de notre environnement…

Tout ceci parfaitement vécu, et l’Harmonie croîtra de par le monde : tel ce grand arbre auquel fait référence le Christ.
QUE CELA SOIT !

Thot Theurge
http://www.theurgie.com

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2 réponses à Harmonie et Unité

  1. Article fort sympathique, une lecture agréable. Ce blog est vraiment pas mal, et les sujets présents plutôt bons dans l’ensemble, bravo ! Virginie Brossard LETUDIANT.FR

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