Conscience et Magie

Tant qu’il s’identifie à son corps, sensibilisé en cela par l’unique appréhension des sens biologiques, l’humain s’extirpe inévitablement du Projet de la Vie-une : lequel est de comprendre avec justesse les Normes universelles, de les ressentir progressivement en soi et, se faisant, d’en vivre pour, en définitive, les partager au-dehors…

Hélas, pour le grand nombre la réalité se limite à des sensations formellement et exclusivement sensorielles. Se crée donc, de façon inévitable, une distorsion entre la personnalité et l’Individualité : alors que toute la Création, nous inclus, est pourtant appelée à l’Harmonie…

A dire vrai, l’amplitude de l’ignorance planétaire est à ce point développée que notre engeance, sur une grande échelle, ignore toujours la Finalité exacte de sa nature ainsi que son Destin… Ce qui nuit évidemment à la Progression spirituelle tout en laissant l’homme à une place indigne mais, en outre, l’empêche également de discerner à quel point son degré de ressenti primaire (lié à son animalité) n’est toutefois QU’UN état de conscience ! Bien d’autres existent… Mais en attester nécessite, préalablement, de le VOULOIR ! Ce faisant, l’intelligence s’illuminant avec progressivité (sous certaines contraintes auxquelles je reviens ci-dessous), seront peut-être découverts les multiples échelons d’une aventure intérieure dont nombre de Sages firent l’éloge durant les âges…

Sous de strictes et positives conditions écrivais-je, car il est de notoriété publique et historique que nombre de peuples, d’ethnies, de cultures, suivant en cela l’évidence d’une perte de la Connaissance évolutive, usèrent avec frénésie de techniques ou outils favorisant, supposèrent-ils, le « contact avec les Dieux »… On pense, par exemple, aux diverses drogues consommées, à travers temps et espace, afin d’élargir les perceptions cérébrales; ou l’on notera (avec incompréhension) l’émergence et l’utilisation actuelle d’instruments artificiels dont les sons et/ou la lumière intermittente transportent les utilisateurs dans une condition psychique aussi dangereuse qu’inutile : tout cela découle d’une exaltation dont l’épicentre se réduit, comme toujours, à l’ego et à l’incapacité de cerner précisément les Principes transcendants !

Une très nette différence existe cependant entre la saine expérimentation issue de la Tradition,[1] et tout ce qui altère, dénature ou viole des parties généralement inconnues du cerveau… [2]

Faut-il de surcroît insister sur le fait que l’ensemble de ces néfastes méthodes, où la méconnaissance jouxte la précipitation, oeuvre très spécifiquement, au niveau des corps inférieurs ? Néanmoins, combien savent que ce sont ces véhicules qui contiennent toutes les résidus karmiques à évacuer, à purifier, à clarifier ? Qui se rend compte et sait qu’aux vibrations de ces corps sont associées des entités particulières et qu’en conséquence tout labeur, toute besogne, toute activité déroutant, affectant, compromettant de manière forcée ces puissances foncièrement destructrices équivaut à ouvrir une Boite de Pandore ? Ce qui peut en résulter est assurément aux antipodes de l’espoir premier… De là, quelquefois, de multiples attaques ou dégradations sur les véhicules en question.

Bref, il ne suffit pas de convenir que d’autres échelles de conscience sont à la portée de chacun, encore faut-il être en mesure de les atteindre et, surtout, sans perturber le cours habituel des énergies… En d’autres termes, cela nécessite UNE PERMISSION (providentielle) ! Mais comment l’obtenir sans suivre, au long de très nombreuses incarnations, un cursus conséquent : intellectuel, disciplinaire, traditionnel, méditatif, ascétique, technique ?

Il importe d’être clair : s’éveiller correspond à la situation d’un individu pouvant réellement noter, selon sa maturité existentielle et structurelle, toutes les incidences et modifications progressives (c’est-à-dire les plans mentaux) perceptibles en lui. Il n’y a donc rien qui soit ici de l’ordre de la chance ou du hasard : il s’agit d’une perception CONSCIENTE ! Rien ne confine au passif ou à l’approximatif…

Le terme « Bouddha » signifie d’ailleurs « Éveillé » : soit une créature qui, à son palier, n’est plus sensible aux mirages et illusions en tous genres. Telle personne, pour l’exprimer autrement, est dès lors consciente de sa Conscience… Et ceci parce que, par un effort élaboré au sein d’une très longue période, elle renonça à suivre les impulsions de la basse personnalité (liée à la forme) et vit de son Individualité (apparentée à l’Essence) : cette dernière étant véritablement Dieu.

Au demeurant, ce qui est assez prodigieux (et j’oserais même écrire « merveilleux »), c’est que chaque étape de la Progression personnelle s’additionne à une émulation chez autrui : exposant clairement la grande Loi de Solidarité universelle… Nul ne se développe jamais seul ! Une unique action, une parole, un écrit induisent dans certains cas une dynamique susceptible d’attiser chez qui les constate un flux d’idées adjacentes : lesquelles inciteront éventuellement au partage… La Règle participative, il suffit de regarder attentivement, est partout présente.

Quiconque démontre une noblesse d’âme sait par contre, en vertu d’une expérience concrète, qu’il est fortement malaisé d’apporter quelque lumière à ceux qui dorment encore… C’est la raison pour laquelle on ne donne point, intentionnellement, de « perles aux pourceaux » ! Non parce que ceux-ci n’en seraient pas dignes (tous le sont), mais parce qu’aucune Beauté ne devrait être souillée : ce qui s’avère le cas, hélas, en de trop nombreuses occasions de mise en commun et de distribution vers ceux qui, du fait de leur sommeil, ne peuvent réaliser ce qu’est exactement le legs offert et, par extension, le dénature voire l’inverse…[3]

Par extension, beaucoup sont aussi quelquefois hésitants à l’idée de parcourir un chemin inconnu qui non seulement oblige à une remise en question doublée d’une catharsis, sans oublier la nécessaire émergence d’un nouveau paradigme existentiel mais, partie aggravante, qui leur ôte parfois également un petit pouvoir sur le prochain… La force de l’ego, le souffle persistant du monde dense ainsi que les plaisirs s’y exhalant sont si prégnants que la Quête sublime (la victoire sur le Moi) est souvent niée, repoussée, dénigrée…

La nouveauté, et elle est de taille en ce domaine, fait peur car elle entraîne obligatoirement avec elle la nécessité d’une rectification considérable. Et l’intuition capte dès le départ combien il sera délicat de tuer le vieil homme…

Accepter de sortir de la léthargie s’accompagne donc fréquemment d’un sentiment d’inquiétude, d’angoisse, de doute, de questionnement ! En outre, le cheminement vers le Vrai, le Beau, l’Éternel, fut-il chaotique, brumeux et inquiétant au début, engendrera ensuite (c’est inévitable) une sensation de solitude… Rien qui ne soit illogique : le combat s’effectue contre nos régressions, nos erreurs intimes, la densité, l’esprit mortifère de ce globe ET les êtres l’appréciant, voire contre les Ténèbres elles-mêmes…

Cette réalité[4] est toutefois contrebalancée par une primordiale et forte évidence : cette dite solitude ne s’exerce en effet  qu’extérieurement ! A l’intérieur il n’en est pas de même…

Comme je l’écrivais ailleurs, la maturité spirituelle d’un homme est dépendante de la Qualité et de la Quantité des Éléments s’exprimant à travers lui ! En conséquence, au plus ceux-ci sont purs (harmonisés) et au plus s’élève la véritable Conscience, l’Esprit dans la forme, la Trinité Divine…[5]

Pour le présenter d’une autre manière, à mesure que se maîtrise la petite personnalité et davantage peut surgir l’Individualité: laquelle est emplie d’une Présence indicible que chacun traduira en des termes appropriés à l’Évolution qui est la sienne…

Il résulte de tout ceci que la recherche de l’Harmonie, justement perçue, milite impérativement pour l’accès à une Puissance se situant bien au-delà du transitoire… Il s’agit de dépasser éminemment la petite conscience physique (liée par les sens à l’existence biologique) : déborder la nature embryonnaire (associée à la dualité et à la souffrance) et accéder à d’autres rives, vibrations et représentations… L’objectif n’étant rien moins que l’émergence d’un État Divin : celui-ci fertilisant et transfigurant alors l’extérieur !

« D’abord le Royaume« , disait le Christ !

Phrase simple mais pourtant tellement incomprise…

On l’aperçoit donc : de multiples distorsions freinent, gangrènent ou annihilent en l’homme les élans vers sa Destinée. Afin qu’il parvienne à s’extirper de sa prison (laquelle est surtout mentale) il n’est proprement que le Sentier de la Cohésion avec le Tout qui fasse sens… Car ce qui est en bas étant comme ce qui est En Haut, sachant de surcroît que la Création est issue d’une Pensée Primordiale et qu’en Elle n’existe aucun déséquilibre, il apparaîtra clair que le Noble Objectif n’est rien moins que l’atteinte d’une Stabilité équivalente en nous : ce à quoi tend la Vie de la véritable Conscience, Elle qui consacre l’embellissement et l’illumination de notre être dans sa totalité ! [6]

Surgit alors la lancinante question : comment se relier à la Flamme Éternelle, ce Brasier incommensurable, et ce jusqu’à la Similitude structurelle ?

Revêtir l’Éternité est certes le Destin de tout modèle intelligent, mais le voyage vers le Seuil, lui, ne peut être tangible que pour les êtres réellement conscients ! L’accomplissement de cet État, au niveau temporel, est évidemment variable d’une personne à l’autre, mais il nécessite néanmoins de très nombreuses incarnations afin de comprendre et de vivre, progressivement, au-delà de la forme (même si on se sert jusqu’au bout de celle-ci)…

Il importe en effet de saisir qu’il faille, inévitablement, dépasser (et de beaucoup) les sensations imputables à la personnalité et s’accomplir en transfigurant le ressenti inférieur (en le rehaussant). Conjoncture délicate tant il est vrai que notre structure est un ensemble et qu’il est forcément complexe de taire ou maîtriser ceci dans le but de cultiver, d’accroître, de développer cela… C’est à cet échelon, j’y reviendrai plus loin, que la Magie (bien comprise) est d’une aide appréciable car, il faut le répéter, que ce soit par ce biais opératif ou toute autre Voie, la vérité est cependant bien celle-ci : sans support énergétique et métaphysique[7] l’homme (et c’est bien logique) ne saurait s’élever à un échelon qui surpasse sa condition biologique et matérielle !

L’aventure de notre espèce est d’ailleurs là qui en témoigne : laissé à ses seules (et friables) forces terrestres, tout en réfutant la permanence en lui d’un Support sublime, l’individu en reste (pour le mieux) à une stature très animale et, au pire, produit une décadence (voire une involution) : laquelle oblige ensuite à un surplus d’efforts avec le risque hélas, si ne s’y adjoint nulle Connaissance compassionnelle,[8] d’une répétition des erreurs ayant mené à cette situation.

Je l’écrivais en divers livres, la notion de liberté personnelle nécessite une parfaite appréhension… Conformément à l’idée que d’aucuns s’en font erronément, sa signification jouxte, pense-t-on, une évidente indépendance par rapport à certaines normes sociétales ou dogmes religieux : mais est-ce bien exact et, surtout, est-ce profondément positif  ?

En réalité, ôter de l’équation LE Moyen propice autorisant une progressive Réalisation,[9] c’est certes témoigner d’un affranchissement mais également d’un triste manque d’intelligence et, surtout, faire preuve de méconnaissance… Car la chose oblige non seulement l’être humain à se confronter (sans aide !) à ses erreurs structurelles mais, bien pire, le laisse démuni pour combattre ses véritables et antiques ennemis ![10] Pourtant, une fois la Divinité écartée, fut-ce sous le couvert d’une autonomie supposée, quelles entités restent alors seules en face de l’Humanité ?

Le libre choix réduit à des souhaits égoïstes et particuliers, bien que beaucoup l’ignorent, est un obstacle créé sur le Chemin éducatif ! Ce n’est là toutefois que détail cohérent puisque la source d’un tel égarement se trouve au sein d’une personnalité décentrée, séparatiste et nombriliste : incapable de se projeter au-delà de la forme… Si elle le pouvait, elle comprendrait pareillement à quel point l’illusion d’une liberté affirmée, envers et contre toutes les Règles de solidarité réelle, est un leurre basé sur une inadéquate perception des choses. Car, effectivement, la liberté a deux caractères de manifestation : l’un (nous venons de le voir) est schismatique, sécessionniste par rapport à tout ce que l’être ne peut appréhender,[11] alors que l’autre aspect insiste sur la nécessité de s’immerger au sein d’une Force supérieure en s’octroyant les moyens Lui permettant de transmuter en nous ce qui se doit et autorisant, ensuite, la distribution vers tous…

La véritable Délivrance n’est aucunement relative, ponctuelle ou temporaire, elle représente au contraire le fondement même de notre Rang en tant qu’entité pensante : elle octroie en effet le raccordement au Flux des Lois Divines et, après avoir accepté celles-ci, nous accorde la faculté de les utiliser afin que soit dépassée notre architecture dense ! La Libération[12] jouxte donc au plus près la liberté parfaitement comprise, acceptée, vécue et partagée… Nous sommes très loin d’un état d’esprit supposément intelligent qui repousse ce qu’il ne comprend pas ou ne lui rapporte pas de satisfaction charnelle !

Car appréhender la Vérité peut certes s’opérer de multiples manières et en fonction de différents facteurs mais se résume, en définitive, à deux axes profondément distincts : soit accepter d’unir notre liberté à telle ou telle Tradition soit, dans un esprit d’émancipation prétendue (mais fausse) ramener la Vérité à notre niveau… Mais s’enfermer dans ses propres certitudes physiques (et donc sa finitude biologique personnelle), est-ce réellement progresser, apprendre, grandir, évoluer ?

Bref, pour être succinct, résident en nous deux consciences : l’une est primitive, primaire voire animale et correspond aux vibrations conjuguées des trois corps inférieurs (physico-éthérique, astral, bas-mental),[13] on peut la nommer « conscience de veille »; l’autre s’active à partir du Haut-Mental et recèle notre degré d’Évolution spirituelle…[14] Toutes deux se touchent, s’intègrent, se joignent, mais l’Objectif des hommes (tel que divulgué par les Sages, Maîtres et Mentors de toutes époques) est d’instaurer une note davantage sensible aux influences de la Conscience Impérissable et, ce faisant, de purifier au sens le plus strict du terme, la conscience organique embryonnaire afin qu’elle s’adapte harmonieusement aux courants ascendants issus du Feu Divin en nous ! Trouver (et visibiliser…) la Divinité c’est donc, objectivement, vivre progressivement de la Conscience Éternelle sise en notre âme…

Le Savoir opératif (susceptible de modifier en profondeur notre nature) est dès lors primordial en qui souhaite s’engager sur le Sentier de l’Édification ! A ce titre, la Magie, Science des sciences, apparaît on ne peut plus indiquée…

Je ne reviens pas sur ce qu’est la Magie au sens authentique et positif du terme, je le fis en d’autres ouvrages, mais je pense qu’il est utile d’insister sur  certains points…

Contrairement à la croyance populaire, il n’existe pas, de facto, de Magie dite blanche, noire, rouge ou autres ! L’étiquette ne sert qu’à déterminer vers l’extérieur de quoi on parle exactement mais, dans la réalité concrète, n’existe qu’une Énergie qui se densifiera selon l’intention de l’opérateur ! Seul compte le mobile : c’est lui qui déterminera la direction de la Force sollicitée…

Sachant cela, il y a en conséquence quelque abus de langage en faisant valoir que certains Rituels, dédiés à une demande spécifique espérée dans la matière, concernent une Magie dite noire : et ceci au titre que la Science Pratique serait dans ce cas (selon certains), détournée de son orientation élévatrice…

Cette opinion extrémiste doit être nuancée… En effet, s’il est amplement exact que la Magie, à son niveau noble et premier, est un outil approprié favorisant une (ré)harmonisation de toute notre structure pour que les feux inférieurs (la personnalité imparfaite) soient progressivement alimentés par le Brasier Divin sis en notre âme, il n’en est pas moins vrai qu’à cet égard tout ce qui fait obstacle à cette lente Union de la nature humaine et de la Grâce mérite d’être combattu ! Je m’en explique par un exemple :

Même si le Sacrifice du Christ autorise (nous le vîmes) une possibilité plus concrète d’intercession et d’interaction par le Savoir et la prière, il est toutefois des circonstances, des manques essentiels, des situations ou événements dans la vie dense qu’il importe de régler avant de pouvoir, avec vigueur et sincérité, s’engager sur l’âpre Sentier de la Réalisation graduelle! S’il est donc avéré que les conséquences d’un karma notoirement pénible agressent bon nombre d’entre nous,[15] il ne l’est pas moins que la Miséricorde permet, TEMPORAIREMENT ET EN FONCTION DE NOS ÉLANS SINCÈRES vers l’Authentique, que s’amenuisent quelques pénibilités spécifiques : même si celles-ci sont résolument orientées vers la matérialité…

L’important est de saisir ET DE PROUVER qu’une fois la douleur de ces situations amoindrie, nous souhaitons faire de notre existence terrestre un hymne à la Gloire de Celui qui nous aida de façon passagère !

C’est en raison de ce constat lié à un faisceau de pénibilités ressenties par un nombre croissant de personnes, et tout en sachant que Karma ne frappe jamais au hasard, que certains auteurs prirent la décision d’offrir aux hommes quelques Rituels magiques autorisant que soit freinée, à titre temporaire, nombre de douleurs (physiques, psychiques, mentales)… Ceci tout en prenant soin d’apporter aussi une précision de taille : à savoir que c’est UNIQUEMENT l’Évolution de la Conscience qui peut, profondément et durablement, permettre la création de nouvelles causes positives et, par extension, atténuer réellement les anciennes… Ces dernières ne disparaîtront certes nullement en totalité en réalisant des Rituels spécifiques et dirigés mais, en fonction de l’altruisme et des décisions prises pour se développer spirituellement, leurs effets nocifs seront très fortement amoindris !

Comprenant tout ceci, on ne peut qu’être pris d’étonnement en voyant à quel point les auteurs partageurs précités font l’objet d’une colère d’autant plus disproportionnée que ceux qui l’exhalent sont toujours, semble-t-il, à un degré d’égoïsme et d’élitisme inféconds… Pourtant, et pour en rester là avec ce triste sujet, n’est-il pas compassionnel celui qui offre de l’espoir à quiconque en a besoin ? Est-il en dehors du Précepte spécifiant d’aimer chacun ?

Par extension, pour aller plus loin, est-ce réellement un hasard si tous les courants religieux, philosophiques, spiritualistes, hermétistes attachent tant d’importance au coeur et appuient nombre de préceptes sur celui-ci ? Les raisons sont multiples mais se rejoignent toutes vers une réalité qui n’est rien moins que la Centralité et, par une extension sur laquelle il importe de porter notre raisonnement, la Croix… Il ne saurait en effet échapper à personne que « la mort du vieil homme » est liée à une Crucifixion d’autant plus indispensable qu’elle surplombe et donne sens réel à l’engagement personnel.

Pour peu que soit examinée en profondeur l’existence terrestre des Guides, des Avatars, et surtout du Maître des maîtres, et on s’apercevra sans grande peine que leur périple emprunte un chemin éducatif (réservé à notre être) qu’il n’est pas contre-indiqué d’analyser…

Même si cette nécessité ne les concerne plus,[16] on remarquera néanmoins que les étapes terrestres de ces Mentors se ressemblent et débutent par des actes cernant tout d’abord la clarification des pensées, la maîtrise des passions, le contrôle, la discipline, l’ascèse, l’harmonie élémentale et, surtout, la purification du coeur : celle-ci allant de pair avec l’élan compassionnel projeté vers autrui… Nul ne saurait s’améliorer sans se donner peine et moyens afin d’aider au rétablissement de ceux qui balbutient, doutent, se désespèrent ! Comme l’exprime l’adage, il ne suffit pas de donner du poisson à quiconque (même si la chose, nous le vîmes, est quelquefois nécessaire) : mieux vaut lui apprendre à pêcher, de façon à ce qu’il duplique autour de lui cette ardeur et ce dynamisme. Ainsi en est-il de la Loi solidaire parfaitement comprise et appliquée…

La théorie doit toujours amener vers la pratique (quelle qu’elle soit) sinon elle ne sert à rien et on en reste à l’intellectualisme (au mieux), à l’indifférence (au pire)…

Tout ceci étant écrit, reste que les calomniateurs ont bien raison sur un point :[17] la Voie magique, parfaitement interprétée et pratiquée, est une aventure que ne peuvent suivre tous les êtres humains ! Elle est réservée non à une élite mais à de véritables prêtres qui s’engagent à modifier, du tout au tout, leur nature avec l’espoir que surgisse la Divinité. C’est pourquoi au plus ils se donnent aux autres, attestant un Altruisme fécond, et plus l’Énergie déployée durant les Cérémonies se font subtiles et s’ancrent dans la structure de l’opérateur… Ce qui valide éminemment que c’est au sein du Coeur, progressivement transfiguré, que se trouve la Source et la Finalité, l’Alpha et l’Oméga ! Ce voyage intérieur est le sens même de notre condition humaine : le seul qui importe d’ailleurs !

La Magie est en conséquence l’expérience opérative et empirique de la Théurgie ![18] Car cette Oeuvre Divine (qu’il importe de  trouver et de réaliser en soi), pour être explicite, regroupe toutes les tendances et possibilités répartie à travers le temps et l’espace, que ce soit au niveau ésotérique ou religieux,[19] afin d’aider l’homme à atteindre la Ressemblance : c’est-à-dire en devenant Dieu dans tous Ses Aspects et Qualités.

La Théurgie, comme tout autre Saint Chemin, vise à l’atteinte du véritable Projet de l’incarnation : à savoir l’Union, la Centralité, le juste développement spirituel, la Théosis… Car la raison d’être de toute forme pensante (qu’elle le sache ou non) est la totale Identification avec le Principe Divin en elle !

En vertu de tout ceci, il est clair que l’Art magique n’est aucunement un objet de pression destiné à agir sur autrui ou l’extérieur, mais c’est bien plus exactement un outil d’amélioration grâce à un assainissement des énergies erratiques (au niveau physico-éthérique, astral, bas-mental) ce qui, par extension, facilite une transfiguration progressive de la conscience humaine primaire : laquelle se nourrira et vivra de plus en plus des effluves provenant de la Flamme Primordiale !

Ne peut toutefois s’améliorer celui qui, pris dans le tourbillon de ses erreurs passées, s’enlise perpétuellement dans sa propre fange ! C’est bien pourquoi, plutôt que de dénier à certains le droit de l’en extirper,[20] il faut au contraire les en féliciter et, mieux encore, ramener à Qui de droit[21] telle Compassion réelle, concrète, authentique… Effectivement, pour peu qu’on sache utiliser adroitement son intelligence, il n’est de Source dispensatrice que Celle de la Divinité et, à l’autre extrême, il n’est qu’Elle que chacun trouvera.

La réalité de la Science opérative ne se traite donc nullement avec l’unique souci d’une protection pour soi ou d’une domination sur les circonstances voire sur autrui (réflexes venus en droite ligne de l’ego) ! Si l’homme a certes besoin de se protéger, c’est majoritairement contre son ignorance et contre lui-même : lui qui, pour différentes raisons, ne s’intègre que difficilement dans le Courant universel ascendant et ses Normes évolutives… Toute l’histoire humaine est d’ailleurs là qui en atteste !

Nul besoin cependant d’aller fureter dans le passé, l’ère actuelle est assez symptomatique à propos de ce que vous venez de lire… Nos contemporains en effet, et en règle générale, tellement endoctrinés par les maîtres en fausseté, sont hélas profondément obnubilés par l’avoir : à ce point qu’ils en repoussent (ou méprisent) l’être ! La masse est, pour l’essentielle, sensible aux polarisations astrales[22] et très modérément à la réflexion : d’autant moins si elle dépasse l’intellect… Encore une fois, la faute incombe à une personnalité désavouant, niant, excluant ce qui est au-delà du tangible et se complaisant dans une répétitive exaltation sensorielle.

Dieu appelle et ne cesse de le faire, mais nombre d’hommes n’entendent pas et ne sauraient donc répondre à la noble Convocation… Les raisons sont aussi diverses que personnelles (et en réalité importent peu), mais le fait est que la raison de ce décalage entre le Souhait Divin et les basses aspirations humaines réside, répétons-le, dans le constat d’un différent structurel important ! Et cette distinction ne peut se réduire alors que notre intelligence perpétue une mortifère illusion en se pensant finitude absolue…

Et quand bien même l’être humain pourrait-il s’extraire du mirage mental qu’il érigea au fil des âges, qu’il lui faudrait encore saisir que rien de constructif ne peut se gagner sans que maints efforts intérieurs ne s’accomplissent : ce qui implique, nécessairement, un engagement délibéré ! Sachant ce qu’il en est de la notion de sacrifice pour la Cause sans cause, on comprendra dès lors qu’il est fortement délicat, pour certains, de délaisser le temporaire pour l’Éternel… C’est très compréhensible. D’autant plus que le poids de la densité se fait énormément sentir.

Toutefois, et c’est en cela que la Connaissance s’avère à nouveau déterminante, il est complètement faux de supposer qu’il faille repousser avec vigueur la matérialité toute entière… Ce serait de l’extrémisme et, de plus, notre nature étant biologique, va-t-on se dégoûter de notre propre corps ? Non, certainement pas ! Comme l’expliquèrent tous les Sages, un mouvement adéquat et positif ne se trouve qu’au sein de l’équilibre sous toutes ses formes ! L’Objectif est de se transfigurer par étapes afin que ce Monde le soit aussi par notre entremise… Le But n’est pas de nier la densité (c’est impossible) mais d’y apporter une profusion de Lumière : Laquelle ne se trouve pas seulement à l’extérieur mais surtout pleinement en nous.

Comprendre ceci c’est appréhender justement la grande phrase du Christ spécifiant : « qui M’a vu a vu Dieu« …

Si seulement l’homme savait à quel point l’Image qu’il projette peut muter et devenir concrète et réelle Ressemblance… Certes, il y a des préalables, des degrés, des paliers, mais sans le VOULOIR avec constance,[23] subsisteront des doutes et des difficultés dès le départ.

C’est bien pourquoi la Science opérative ainsi que les Traditions ésotériques font de la Volonté l’élément premier autorisant ensuite (peut-être) le délicat passage entre la conception d’un monde clôt et la réalité d’un univers foisonnant de vies multiples et variées appelées à un Développement grandiose…

Appelées… Nombreux ceux qui ignorent le travail profond et constant de la Providence à leur égard ! il s’agit cependant d’une inlassable Force qui n’a de cesse de trouver un petit appui et une ouverture réelle en notre sein d’où Elle pourra, progressivement, rayonner. En fonction d’une réponse de notre part…

 » Qui cherche trouve « , dit le précepte ! La chose signifie dès lors, précisément, qu’il faille impulser, à partir de soi, un mouvement… Car même si Elle demeure dans notre constitution, dans l’âme, la Flamme Divine, du fait de la très maigre qualité de la structure humaine lorsqu’elle est totalement densifiée, ne peut faire davantage que solliciter : et c’est à l’individu de fournir, ensuite, la poussée nécessaire autorisant la traversée du premier Voile !

Ceci fait, en fonction de Karma, il trouvera ultérieurement sur son chemin un maximum d’indications, de conseils, de personnes, de livres, de situations qui, pour autant que la vigilance soit de rigueur, l’illumineront intérieurement en lui permettant de noter que son nouveau choix d’existence est judicieux. Et d’autant plus à notre époque où consumérisme exacerbé, culte de l’ego et du paraître ont pouvoir pour assujettir fortement les esprits…

L’époque actuelle, effectivement, au-delà de l’Ère qu’elle manifeste, est étirée sur deux fronts et subit les contrecoups de deux puissances extrêmes… L’une s’échinant à maintenir le grand nombre à un niveau indigne de sa grandiose Destinée, et l’autre s’évertuant à fournir les Clés d’une Libération et d’une Réalisation d’autant plus réelles qu’elles sont juxtaposées à la perception, la compréhension et l’utilisation des Lois Divines…

Le Savoir consacré à l’Édification (individuelle et globale) oblige néanmoins à faire preuve de discernement ! La Magie pratiquée, par exemple, dans un but prioritairement égoïste ouvre assurément une porte à terme : large et spacieuse. Mais la réalité fausse que d’aucun peut y trouver est inversement proportionnelle au manque de solidarité que l’on manifeste…

Le fait est que seul un sacrifice profond et conscient pour l’ensemble de l’Humanité autorise que soit passée, à terme, la Porte d’Or : celle-ci étant on ne peut plus étroite, et nécessitant une très longue et âpre lutte afin que croisse l’Individualité au sein de la Personnalité…

Renoncer à la séparativité telle qu’elle est distillée à travers le courant et l’esprit du monde (lesquels portent à la division de multiples manières), telle est en définitive la véritable intelligence ! Car l’Authentique Puissance transcendante qui dure et subsiste s’appuie, se vit et se partage en offrant notre liberté, notre nature et toute notre composition à la Flamme Éternelle, l’Esprit en nous ! Et ce dernier ne Se distingue, ne S’atteste, ne Se ressent, ne Se vit, ne Se partage que d’une seule et unique façon…

L’Évolution de la Conscience n’est pas autre. Si à l’Appel répond l’adéquate réaction humaine, la Grâce jaillira d’une manière aussi judicieuse qu’appropriée et, en fin de compte, Dieu S’approchera d’autant plus qu’Il Se reconnaîtra…

S’ennoblir et agir pour la Perfection de son être et celle de l’Humanité : tel est donc le Projet pour toute forme pensante. Et il rejoint le Divin Souhait lié à l’active coopération universelle.

En conséquence, pour l’homme il n’est point de Vocation plus essentielle que l’atteinte de la Divinité : dans une Ressemblance mystique absolue ! C’est là, pour ceux qui s’interrogent encore, le sens même de la Vie…

Thot Théurge

 

[1] Vécue et partagée par des Précurseurs.

[2] Dont les répercussions peuvent aller jusqu’à la dégradation du système nerveux.

[3] Une structure inharmonieuse étant responsable de la chose

[4] Mais on comprend que seule l’expérience personnelle puisse en attester…

[5] Atma-buddhi-Manas.

[6] De même que l’irradiation de notre environnement direct ou non.

[7] Que chacun qualifiera selon sa maturité et ses convictions.

[8] Et donc possibilité de progrès.

[9] Nommé différemment par chacun : la Grâce, l’Esprit Saint, la Flamme Éternelle, Atma, etc.

[10] D’autant plus mortels qu’ils attaquent TOUJOURS l’ignorance.

[11]  Mais surtout envers tout ce qu’il ne peut ressentir pour son unique et intime bénéfice…

[12] De la souffrance, de notre composition humaine, des multiples mirages.

[13] Elle contient également notre héritage karmique rétributeur.

[14] C’est la Conscience dite de l’Esprit (ou menant à Celui-ci) !

[15]  La Justice demandant rétribution…

[16] Du fait de leur Perfection.

[17] Ils se trompent simplement sur la temporalité des choses.

[18] Du grec ancien Theos (Dieu) et Ergon (oeuvre, travail)

[19] La Religion réellement digne de ce nom, celle qui s’axe sur l’Absolu et non sur le relatif, est celle qui professe le sain culte des Lois Universelles et autorise chacun qui le souhaite à les faire vivre en lui.

[20] En fournissant quelques Clés de compréhension et des techniques cérémonielles axées sur une dissipation PONCTUELLE des douleurs existentielles.

[21]  A la Providence

[22] Liées aux sensations, au ressenti, à l’émotion, aux satisfactions de la chair.

[23] En se dotant des outils pour y arriver…

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20 réponses à Conscience et Magie

  1. Soleil dit :

    Merci pour ces informations. Il est rare de trouver des auteurs alliant, j’ose le dire, intelligence et logique. Je vais me rabattre sur vos livres qui m’en apprendront beaucoup je crois.

  2. Louis dit :

    Surpasser, comme vous le dites, sa condition biologique et matérielle : n’est-ce pas là une démarche prométhéenne ?

    • Thot Théurge dit :

      Absolument pas : cela ne concerne que l’aspect spirituel des choses et pas une potentielle évolution exempte de substrat métaphysique. Certainement pas ! Pas plus que cela ne cadre avec, par exemple, le transhumanisme qui s’extasie sur les potentialités d’un homme certes augmenté, mais augmenté pour cette seule densité 😉

  3. Laurent dit :

    La différence entre travail pour soi et les autres est plus subtile qu’on le pense généralement, et vos écrits le prouvent. Je partagerai.

  4. En recherche dit :

    La Sagesse est un très long travail et peut-être que la Magie (si je le comprend bien) pourrait aider l’Humanité. A voir. Merci.

  5. Alain Stin dit :

    Quel article. Vous couvrez tant de domaines différents et savez les réunir pour nous faire comprendre nombre de choses. Merci pour ce travail.

  6. Hermès dit :

    Tout ceci est réellement en opposition avec les notions exposées par nos sociétés dites intelligentes. Il y a du travail…

  7. Intègre dit :

    Bonjour. Encore des lignes surprenantes : comme à chaque fois que je me rend sur votre blog. Gratitude

  8. Stéphanie dit :

    Merci pour ces précisions et votre pédagogie.

  9. Terrienne dit :

    Simplement merci !

  10. François dit :

    Bonjour,

    Voilà qui éclaire singulièrement la raison d’être des rituels de purification et du feu de M. Moryason et la raison pour laquelle ils ont été donné. Ce qui n’est pas évident au premier abord.

    Gratitude !

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