Exercices bardoniens et attitude

Les techniques préconisées et offertes par Franz Bardon ont ceci de particulier qu’elles placent l’étudiant, dès le départ, en contact avec les énergies de sa structure inférieure : énergies qu’il importe de transformer et de maîtriser. Toutefois, l’Initié dispensateur étant doté d’un caractère fortement lié à l’opératif laisse tout un chacun libre de tester ce qu’il donna : sachant au plus haut point que l’expérience du cheminant trouvera toute sa quintessence dans l’initiative personnelle…

Reste, et qui fréquente ce domaine peut aisément en attester, que ceci doit néanmoins se réaliser en tenant compte des mises en garde fréquentes qu’octroie Bardon quant à la précipitation ! Et là le bât blesse…

S’il est exact que la théorie n’est pas réellement placé à l’avant plan dans l’Enseignement de l’Adepte, il faut cependant insister sur le fait que la méthode, elle, est loin d’être insignifiante… Elle milite pour une PROGRESSIVE attestation individuelle et, surtout, insiste sur l’importance d’une non focalisation sur la vitesse mais, au contraire, sur la profondeur et la densité de nos perceptions !

Le mouvement individuel doit en conséquence aller de pair avec une disposition intérieure fondée sur une Evolution patente, elle-même liée au Bien général : ce qui déterminera ENSUITE, avec acuité, une saine et juste conscience de nos élans, de leur pourquoi, et de leur véritable épaisseur.

N’oublions pas, en outre, que l’Harmonie élémentale sur laquelle s’appuient ces instructions opératives ne laisse pas un seul véhicule à l’abandon et, bien plus, souligne l’importance d’un travail sur chacun d’eux ! Non pas seulement le corps physique, astral ou (bas) mental : mais l’ensemble de ceux-ci… Dans le cas contraire on risque, au mieux, de générer des difficultés diverses dans l’avancement (dont nul n’a besoin) et, au pire, une réelle disharmonie qu’il sera bien plus difficile de combler ultérieurement.

Sachant tout cela, on s’étonne de voir nombre de personnes insister sur tel ou tel point de l’entraînement bardonien (probablement ceux qui les intéressent le plus) sans ce soucier outre mesure de tous les autres… Manière sans nulle autre pareille de se leurrer (ou être leurré par d’autres êtres, à terme)…

Ce genre de disposition interne n’est en rien positive ! S’il est vrai qu’il faille s’entraîner, encore convient-il de le faire avec justesse et méthodologie : cette dernière étant, je pense, fournie avec toute la matière que nous concéda Franz Bardon. Et cette dite matière ne jouxte que la cohésion effective des Éléments : ce qui est littéralement impossible tant que subsistent des incohérences structurelles. En outre, notre marche vers le Haut (qui nous pousse en réalité au plus profond de nous) ne doit se comparer à AUCUNE AUTRE ! Il n’est pas question de compétition entre les hommes, mais de combat personnel pour atténuer ce qui nuit et, inversement, augmenter ce qui conduit à la Vie…

Aussi, cette lutte se mène principalement en « solitaire », dans le clair-obscur de notre être qu’il convient d’épurer ! Dans le silence et « l’abandon ». Loin des joutes involutives consistant à prétendre, laisser entendre, ou supposément démontrer notre « niveau » occulte… Degré d’Évolution qui, pourtant, ne regarde que chacun, personnellement, ainsi que Celui que nous disons servir !

L’important n’est donc pas de s’estimer meilleur qu’autrui dans tel ou tel domaine du Sentier spirituel, l’important est d’être meilleur : pour l’Humanité ! De fait, et chacun peut le discerner, nul Initié digne de ce nom ne détaillera jamais son « palier » évolutif. Ses paroles, écrits, attitudes, sa compréhensions des Lois Divines suffisant d’ailleurs pour que quelque esprits intelligents puissent discerner ce qu’il en est…

Nul besoin de se mettre en avant. La raison principale, au-delà de l’humilité, étant d’ailleurs qu’il faille éviter que des consciences imparfaites, générant des vibrations improductives et malsaines issues de la jalousie ou de l’envie, se coalisent et se focalisent sur la « victime » : ajoutant une certaine forme d’énergie dans une lutte intérieure qui n’est parfois pas simple à gérer… Il s’agit donc, en définitive, d’une mesure de protection pour les DEUX parties ! C’est bien pourquoi, dès la genèse du cheminement opératif préconisé par Franz Bardon, certaines essentialités apparaissent…

Croit-on en effet que ce soit par hasard que le premier exercice dans l’ouvrage parfaitement nommé « Le Chemin de la véritable Initiation magique » soit lié au mental et au contrôle des pensées ? Imagine-t-on un simple concours de circonstance si, ensuite, arrive la méthode qui s’axe sur les défauts et laideurs du psychisme ? Bardon atteste par là que ces bases doivent être assurément intégrées et concrètes avant de pouvoir espérer quelque effets intérieurs vivifiants et positifs : surtout sur le long terme !

Il faut d’ailleurs ici signaler certains points ! Les corps inférieurs (éthérico-physique, psychique et bas mental) sont le réceptacle des données relatives à notre karma (il y a, en effet, un karma lié au corps éthérique, un autre au corps astral, et encore un destiné au corps mental). Cela signifie que les causes de nos errements antérieurs y sont immergés et, de ce fait, toute entreprise brutale, violente, insidieuse, méconnaissante, impatiente (énergétique et/ou artificielle), en dehors d’une stricte discipline et ascèse, libère EGALEMENT les sombres énergies contenues dans ces corps ! Le résultat peut en être catastrophique puisque ce type d’atteinte permet à des forces erratiques (et entités liées à celles-ci) d’avoir une porte d’accès sur les véhicules altérés (l’un ou l’autre des trois corps), tout autant que cela autorise des attaques en tout genre…

Etant donné que les procédés bardoniens se focalisent (à juste titre) sur les champs d’expérimentation que sont ces véhicules, chacun peut aisément comprendre que ne pas suivre, à la lettre, les conseils et avertissements de celui qui nous devance, est aussi futile que dangereux !

C’est bien pourquoi, au grand dam de certaines personnes, il n’est jamais inadéquat de rappeler certaines idées ou lignes théoriques à propos de ce domaine d’Émancipation ! La réflexion que cela peut engendrer dans la conscience des étudiants n’en sera que constructive. D’ailleurs, la Connaissance véritable est certes pratique mais également théorique : c’est un tout et c’est très bien. Le Savoir, pour celui qui comprend, accompagne en amont et jusqu’en aval : permettant de rectifier ce qu’il se doit à mesure qu’on en use.

C’est bien pourquoi, à titre personnel, j’ai toujours milité pour que l’Enseignement de Bardon, hautement structurel, soit accouplé à la Magie cérémonielle : gage supplémentaire (si des étapes sont « oubliées », niées voire méprisées) d’une toujours possible et graduelle harmonie élémentale… Cette dernière étant absolument indispensable pour qui souhaite aller au plus Haut, c’est-à-dire, en réalité, au Centre de son Etre authentique.

Lorsqu’on utilise des forces de ce type, il n’est pas inintelligent d’assimiler que chaque étape de la Transformation espérée doit être totalement consciente, domptée, contrôlée afin d’être en mesure de l’utiliser à chaque moment que l’on décide ! Mais pour ce faire il n’est pas sage de sauter des étapes (ou demander à d’autres de le faire) ni, surtout, de ne pas réaliser un profond et honnête travail d’introspection (ce qui sera de toute manière nécessaire lorsqu’il faudra méditer sur les Nombres-Concepts) afin de déterminer avec certitude ce qui nous meut réellement

Car, il faut ici l’évoquer, ce qui donne force prodigieuse à l’avancement spirituel c’est le souhait (et celui-ci est captable sur les Plans subtils par tous ceux qui oeuvrent pour la montée vers l’Esprit) qu’à l’homme de participer à une Opération qui ne concerne pas que son unique personne : mais l’Humanité entière ! Au plus l’ennoblissement se réalise avec pour objectif le Bien général, et au plus les progrès individuels seront patents !

A ce titre, la Providence accorde à chaque être de quoi accomplir des tâches déterminées : même s’il ne paraît pas ! Chacun est là où il peut porter, s’il y consent, le maximum de fruits… Mais pour appréhender cette réalité, il faut être capable de voir à travers le voile que l’ego rudimentaire tisse sans fin autour de la réflexion individuelle ! Il faut sans arrêt décoder notre démarche, et voir si elle s’inscrit dans les projets et la loi de la forme (qui est de prendre, rapidement, avec exaltation, frénésie), ou celle de la Centralité : celle-ci étant Don gratuit et désintéressé vers tous et sans orgueil (à l’instar de l’Adepte sur lequel s’attache cet article).

C’est bien pourquoi, il importe de le saisir, la Perfection ne réside pas dans l’Image (qui est inférieure, brute plus exactement) mais dans la Ressemblance (la Pierre taillée : unie et vivant de l’Esprit) ! La trinité inférieure doit en conséquence unir sa liberté et l’ensemble de sa structure à la Trinité supérieure (Atma-Buddhi-Manas) afin d’être sur TOUS les Plans… C’est à cela, même si Bardon l’exprime en d’autres termes (« devenir Dieu dans tous Ses Aspects et Qualités« ), que servent les exercices dont il est ici question ! Mais comment donc serait-ce possible si les bases sont déstructurées ou manipulées en fonction de certaines envies tributaires d’une altération structurelle négative ?

On peut en conséquence se réjouir de passer certains étapes au niveau du travail bardonien : cependant, se réjouit-on pour soi uniquement ou parce que l’Amélioration personnelle rejaillira, APRES UN TRAVAIL DE PARTAGE, sur le Monde ? Car, en effet, l’utilité et la nécessité de l’Enseignement n’est pas destiné à notre seule personne : elle doivent rayonner vers l’extérieur ! On ne place pas la lampe sous le boisseau, disait le Christ… Et pour ce faire, il convient de se remémorer quel chemin suit la Magie et à quoi elle sert très exactement…

Comme je l’écrivais ailleurs, si la saine et sainte démarche part de la Catharsis, suit la voie de la Compréhension des Ordonnances Divines et, à ce titre, aboutit à une profonde modification intérieure harmonisant notre constitution avec l’Individualité réelle (l’Esprit nous habitant), alors il est manifeste que rien ne saurait surplomber cet Achèvement… Dès lors, tout exercice pratique qui n’est pas relié personnellement et intérieurement à cette évidence, et bien qu’il puisse avoir un sens supposé pour une esprit imparfait, cède devant le But et l’Objectif de la Science sacrée : qui n’est autre que l’Harmonisation consciente et opérante de nos Éléments avec les Règles, les Idéaux et les Principes universels… Ceci pour la Croissance spirituelle de toute cette Sphère.

Mais pour cela il faut non seulement le VOULOIR, il faut SAVOIR, OSER et SE TAIRE! Se taire sur notre propre Evolution et sur ce que nous décidons de faire pour le Globe et ses habitants. Le silence sur notre parcours est une force qui se décuple et s’intensifie à mesure de notre sincère engagement ! La discrétion sur nos agissements ouvre des Portes en grand nombre et nous associe (en nature et en actes) à la grande Entité (notre Logos) qui nous enseigne que grandit véritablement celui qui offre pour les autres plus qu’il ne demande pour lui-même…

Peut-être saisira-t-on alors, très exactement, pourquoi Franz Bardon (ainsi que d’autres) expliquait pourquoi c’est en Tiphéret (c’est-à-dire au niveau du Coeur) que se réalise le contact avec Dieu. Celui-ci S’avançant…

Harmonie pour tous
Thot Theurge
http://www.theurgie.com

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