Dissensions géostratégiques

Depuis des lustres, en fait surtout depuis le livre « Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzeziński,[1] les théoriciens américains ont compris que la stratégie de domination mondiale passait par un contrôle non pas de l’Europe[2] mais de l’Eurasie.[3]

Il ne faudrait cependant pas passer sous silence que durant l’administration Reagan, Brzeziński devient membre du National Endowment for Democracy ![4]

Ce dispositif a été conçu par le président Ronald Reagan (en 1983) pendant la Guerre froide. Il s’agissait d’utiliser les trotskistes états-uniens et britanniques contre les staliniens soviétiques afin de réaliser la « révolution mondiale » mais pilotée par les Anglo-Saxons.

Le même décret institue la National Endowment for Democracy (NED) dont le budget est voté avec celui du département d’État et l’US Institute of Peace (USIP) dont le budget est voté avec celui du département de la Défense. Toutes les forces vives des États-Unis furent à ce titre sollicitées par le président Reagan, incluant celles de gauche, contre ce qui fut nommé « l’Empire du Mal » (doctrine Kirkpatrick). Des organisations sœurs furent également crées en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni.

Ce dispositif fut (évidemment) maintenu après la dissolution de l’URSS… Il est en effet particulièrement efficace pour la préparation de coups d’État médiatisés sous l’appellation de « révolutions colorées ». En 2006, prenant conscience de cette nouvelle forme de guerre secrète, plusieurs pays interdirent d’ailleurs les activités de la NED.

C’est certainement pour cela que la Haute-Représentante de l’Union européenne, la Britannique Catherine Ashton, créa en 2012 l’European Endowment for Democracy (EED) pour continuer ce travail… De fait, cette organisation a notamment joué un rôle central dans le coup d’État de l’Euromaïdan.[5]

Poutine qui est parfaitement au faîte des diverses manœuvres occidentales consistant à le fragiliser lui et son pays a classé, via le procureur général de Russie, l’European Endowment for Democracy « organisation indésirable » (10 mars 2020).[6] Elle a été ainsi invitée à cesser ses activités en Russie sous peine de prison (pour les dirigeants en charge sur le territoire russe).[7]

Évidemment les russophobes n’ont pas tardé à se faire entendre en essayant, par tous les moyens médiatiques à disposition, d’assimiler la Russie à un régime profondément dictatorial, tyrannique voire fasciste.[8] En réalité, comme tout pays fondamentalement sain, la Russie n’interdit en aucune façon les ONG, fussent-elles douteuses, sur son territoire : selon les lois russes en vigueur elle demande uniquement quels sont les donneurs d’ordre, les fondateurs et les organisations liées !

C’est donc au titre d’un avancement de l’OTAN toujours plus conséquent autour de la Russie qu’il faille comprendre ce qui se passe actuellement dans cette région du monde ! Il est d’ailleurs à noter que ceci se réalise en dépit de la parole donnée par les USA ! Mais c’était là, il est vrai, et depuis longtemps, l’objectif des stratèges américains.

L’ironie de l’histoire, c’est que cette situation a d’autant plus motivé les russes à se réarmer et, désormais, à dépasser en capacités technologiques tout ce que l’Occident peut lui opposer. Nous le vîmes plus haut.

Beaucoup ne connaissent pas l’histoire de l’Ukraine, mais je ne vais pas alourdir le thème de cet exposé : chacun qui le souhaite pouvant bénéficier de multiples sources d’informations afin de se parfaire amplement sur le sujet. En conséquence, venons-en directement à la source des tensions actuelles.

Nous connaissons tous les événements meurtriers ayant eu lieu à Maïdan : ceux-ci étant consécutifs à l’annonce faite par l’ex président Viktor Ianoukovitch de suspendre sine die la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne, prévue une semaine plus tard. Le chef de l’état préférant rester dans le giron (économique et militaire) de la Russie. Inutile de dire que la chose contrecarrait les visées occidentales, et spécifiquement celles des USA, pour qui le passage de l’Ukraine vers l’UE en faisait (comme tout autre pays) automatiquement un membre actif de l’OTAN ! Il est vrai qu’existe une vassalité réelle de la plupart des pays de l’UE envers l’OTAN…

Les mots « OTAN » et « Alliance atlantique » sont apparus dans le traité de Maastricht, décidé lors du Conseil européen du 9 décembre 1991.[9] Ce traité absolument décisif, qui a réellement créé une « Union européenne », une « monnaie unique » européenne et moindrement une « Politique étrangère et de sécurité commune » européenne, évoque expressément l’alliance militaire atlantique avec les États-Unis d’Amérique dans sa partie intitulée « Déclaration relative à l’Union de l’Europe Occidentale » (UEO).

Le traité actuellement en vigueur, le traité de Lisbonne, qui reprend tous les traités antérieurs et qui les scinde en deux, mentionne expressément l’OTAN et l’Alliance atlantique dans l’article 42.

« La politique de l’Union au sens de la présente section n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre. »

Un lecteur lisant cet article hâtivement peut à l’évidence en retirer l’impression (erronée) que le TUE (Traité sur l’Union Européenne) poserait un simple principe de compatibilité entre la PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Défense commune) et l’OTAN « pour certains États membres ». Mais il s’agit là aussi d’une tromperie destinée à endormir les opinions publiques : selon la méthode habituelle et assurément trompeuse de la prétendue « construction européenne ».

Car cet article pose en réalité le principe d’une subordination de la PESD à l’OTAN, et cela pour 2 raisons :

1) Parce qu’il indique que la PESD doit « respecter » les obligations de l’OTAN.

Cela signifie bien que l’OTAN prime sur la PESD. Sinon, le traité aurait dit exactement le contraire : le TUE aurait par exemple indiqué que « les États membres de l’UE également membres de l’OTAN doivent renégocier leur participation à l’OTAN afin de rendre celle-ci compatible avec les obligations de la PESD ».

Du reste, l’article 42, difficile à suivre du fait d’une phrase à incidentes multiples, précise même que « la politique de l’Union au sens de la présente section […] est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre [celui de l’OTAN]. Cet article 42 annonce donc noir sur blanc que la politique de défense de l’UE ne peut jamais contrevenir à celle de l’OTAN, États membres ou pas.

2) Parce que la formule qui indique « pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’OTAN » est d’une rare hypocrisie.

Il faut en effet rappeler que, sur les 28 États membres de l’UE, il y en a 22 qui sont membres de l’OTAN, et notamment tous les plus grands pays :

Allemagne, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie

Les 6 États Membres de l’UE qui ne sont pas membres de l’OTAN se divisent en 2 groupes:

  1. a) 5 États qui ont proclamé leur neutralité internationale depuis de nombreuses années (voire depuis plusieurs décennies) : Suède, Finlande, Autriche, Irlande, Malte
  2. b) Le cas particulier de Chypre, île à la situation juridique complexe.

Divisée en deux, cette île comprend les deux bases militaires britanniques d’Akrotiri et Dhekelia, qui sont situées juridiquement hors OTAN mais dans l’UE…

Au total, ces 6 États membres de l’UE qui ne sont pas membres de l’OTAN regroupent une population de 28,8 millions d’habitants, sur les 500,5 millions d’habitants de l’UE, soit 5,7 %.

Ce rappel permet de mesurer que 78 % États membres de l’UE sont également membres de l’OTAN et que 94,3 % de la population de l’UE habitent dans un État appartenant à l’OTAN.

Au sein de l’UE, c’est donc l’appartenance à l’OTAN qui est ultra majoritaire et la non-appartenance – d’ailleurs exclusivement pour des raisons de neutralité et non pas pour des raisons d’opposition – qui est ultra-minoritaire.

Dans ces conditions, la formule hypocrite de l’article 42 du TUE rappelée précédemment prend tout son sens : puisque ce qu’elle appelle « certains États » représente 94 % de la population de l’UE, cette formule signifie bel et bien que la PESD ne peut se déployer que dans le cadre de l’OTAN et que toutes ses orientations stratégiques lui sont subordonnées.

De fait, l’entrée dans l’OTAN est d’ailleurs désormais devenue un préalable, imposé par les États-Unis d’Amérique, à l’entrée dans l’Union européenne

Toute l’analyse qui précède est d’ailleurs dorénavant un secret de Polichinelle : UE = OTAN = subordination militaire et stratégique aux États-Unis.

C’est la raison pour laquelle tous les nouveaux pays de l’Est ayant adhéré à l’UE en 2005 ont été obligés, à la demande des États-Unis, d’adhérer d’abord à l’OTAN avant d’adhérer à l’UE.

C’est ce que le président américain George W. Bush avait d’ailleurs dit de la façon la plus explicite qui soit dans son discours à l’université de Varsovie du 15 juin 2001 :

« Toutes les nouvelles démocraties de l’Europe, de la Baltique à la Mer Noire et toutes celles qui se trouvent situées entre les deux, doivent avoir la même chance pour la sécurité et la liberté, et la même chance de rejoindre les institutions européennes. Toutes les nations devraient comprendre qu’il n’y a aucun conflit entre l’appartenance à l’OTAN et l’appartenance à l’UE».

Précisons enfin que certains États de l’Union européenne ont déjà commencé à concrétiser les engagements contenus dans l’article 42, en mettant sur pied un système de « missions européennes, civiles et militaires, en dehors de l’Union, afin d’assurer le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale ».

Comment ? En créant le « Corps militaire européen », plus généralement appelé « l’EUROCORPS ».

On y apprend, entre autres choses, que ce corps d’armée créé en 1992 (date de signature du traité de Maastricht) comprend l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Espagne et le Luxembourg, ainsi que 7 États qui y détachent des officiers : la Grèce, la Pologne, la Turquie, l’Italie, la Roumanie, l’Autriche (pourtant théoriquement neutre…) et… les États-Unis d’Amérique.[10]

D’ailleurs, le slogan de l’Eurocorps apparaît clairement en haut de son site : « CORPS EUROPÉEN : UNE FORCE POUR L’UNION EUROPÉENNE ET L’ALLIANCE ATLANTIQUE. »[11]

Bref, l’UE et l’OTAN ne sont en réalité que les deux faces de la même médaille : celle d’un réel asservissement géopolitique, diplomatique, militaire, économique et culturel aux États-Unis d’Amérique.

On savait déjà[12] que ce qui deviendra l’UE était une création du Département d’État américain afin de l’inféoder aux intérêts d’outre atlantique au niveau politique et stratégique mais, il faut en être conscient, la chose peut également obliger à suivre les USA dans des aventures militaires où aucun pays européen n’a d’avantages propres ou conséquents…[13]

L’article 5 de la Charte de l’OTAN,[14] spécifiant que l’attaque sur un pays de l’Alliance entraînera la riposte de tous ses membres, est d’ailleurs de cet ordre ! On semble souvent oublier que dans cette optique ce qui se passe dans certaines parties du monde où l’OTAN est engagée, (pour les intérêts des seuls États-Unis), comme en Ukraine, peut aisément avoir une incidence militaire pour tous les pays appartenant à l’Organisation ! Ce n’est pas rien.

Rappelons tout de même ici que l’OTAN était le pendant du Pacte de Varsovie (quoique l’OTAN fut créée auparavant, en 1949), mais qu’à la fin du Pacte, l’Organisation de l’Atlantique Nord aurait également dû se dissoudre…[15]

Malheureusement, les stratèges étatsuniens ne l’entendirent pas de cette oreille et, se croyant seuls maîtres de l’histoire lorsque survint le déclin de l’empire soviétique, utilisèrent cette force pour avancer leurs plans et projets hégémoniques de par le monde :[16] et ceci en s’aventurant par exemple, pour ce qui est de la problématique nous occupant, au plus près des frontières de la Russie.[17]

Il est assez « amusant » de remarquer que sur le site même de l’OTAN certaines mentions sont faites de son rôle positif, telle celle-ci :

« L’actuel processus d’élargissement de l’OTAN ne constitue une menace pour aucun pays (…) Il vise à promouvoir la stabilité et la coopération et à construire une Europe libre et entière, unie dans la paix, la démocratie et le partage de valeurs communes. »

Le jargon humaniste est souvent présent dans la bouche des puissances autoritaires… Reste que l’exemple de l’élargissement exhaustif de cette Organisation laisse supposer d’autres objectifs dont le moindre est d’étouffer, au possible, la puissance russe en l’encerclant militairement !

Dans les années 1990, comme le déclarait Poutine, les leaders occidentaux avaient donné des assurances orales à Mikhaïl Gorbatchev et à Boris Eltsine sur le non-élargissement de l’OTAN vers l’Est. Ces assurances, dit-il, ont toujours été violées.

Le 18 mars 2014, dans un discours prononcé devant la Douma, pour justifier l’annexion de la Crimée, Vladimir Poutine soulignait les humiliations qu’avaient fait subir les Occidentaux à la Russie, en pointant notamment les promesses non tenues par l’Ouest dans les années 1989-1991. Une promesse spécifique en particulier : celle de ne pas élargir l’OTAN, lors du processus de réunification de l’Allemagne, au-delà des frontières de cette Allemagne réunifiée.

« Ils nous ont menti à plusieurs reprises, ils ont pris des décisions dans notre dos, ils nous ont mis devant le fait accompli. Cela s’est produit avec l’expansion de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord [OTAN] vers l’Est, ainsi qu’avec le déploiement d’infrastructures militaires à nos frontières. »

Ceci est évidemment rejeté par les occidentaux, et au premier chef les américains : tous protestèrent contre le fait qu’un tel accord n’ait jamais été conclu. Cependant, hélas pour eux, des centaines de mémos, de procès-verbaux de réunions et de transcriptions d’archives américaines indiquent le contraire… (voir ci-dessous)

Le maître du Kremlin n’a donc aucunement tort ! Et la chose nous en apprend énormément sur l’extrême duplicité d’individus n’ayant pas le moindre sens de l’engagement et des serments… Il n’est dès lors aucunement surprenant que la Russie ait été furieuse lorsque la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, les États baltes et d’autres ont été introduits dans l’OTAN dès le milieu des années 1990

Des documents aujourd’hui déclassifiés de la National Security Archive attestent des multiples garanties apportées aux dirigeants soviétiques contre l’expansion de l’OTAN ![18]

Baker, Bush Senior, Genscher, Kohl, Gates, Mitterrand, Thatcher, ne sont que quelques-unes des personnalités actives sur ce dossier… Le président George HW Bush avait même assuré à Gorbatchev lors du sommet de Malte en décembre 1989 que les États-Unis ne profiteraient pas des changements en Europe de l’Est pour nuire aux intérêts soviétiques !

« Pas un pouce » vers l’Est », a également maintes fois déclaré James Baker ![19] Et pourtant, l’OTAN s’est plusieurs fois élargie depuis cette période : profitant de la faiblesse de la Russie sous Gorbatchev et Eltsine… L’Ouest avait gagné la guerre froide, la Russie devait se soumettre ! Mais Poutine a retenu la leçon. Depuis son accession au pouvoir, il a renforcé son pays, redressé son armée, établi ses lignes rouges. Il est maintenant prêt…

Pour comprendre l’état d’esprit des russes, il n’est besoin que de se souvenir de l’intense crise des missiles de Cuba, et le risque qu’elle fit peser sur la paix mondiale…

Les américains ne voulaient pas que des armes de destruction massive se retrouvent à leur proche frontière (qui plus est dans leur pré carré),[20] il est donc étrange que d’aucuns n’acceptent pas une identique décision de la Russie pour qui, et c’est une évidence, existe un danger (lié aux armes de première frappe) si l’OTAN intègre totalement l’Ukraine dans sa sphère d’influence… Si c’était le cas, il faudrait, nous disent certains spécialistes, environ 6 minutes pour que certains missiles atteignent Moscou ! Certes, nous le vîmes, les protections et autres boucliers existent, mais la prudence s’impose tout de même…

Qui plus est, le deux poids deux mesures est désormais insupportable pour les russes qui se souviennent très bien à quel point les USA, et l’Occident en général, tentèrent de les affaiblir (politiquement, économiquement, militairement) durant les sombres années 1990-2000…

Il est dès lors possible que les événements militaires en Ukraine puissent être qualifiés de « ligne rouge » : par toutes les parties en présence ! Et la convulsion commença, comme il fut écrit, à Maïdan…

« Je pense que ce sont les Etats-Unis qui ont semé la pagaille. Ils se servent des contradictions, des bras-de-fer, ils interviennent et exacerbent des conflits » (Mikhaïl Gorbatchev, Moscou, 11/02/ 2016)

Les affirmations selon lesquelles ce serait l’ancien président ukrainien Ianoukovitch qui aurait fait tirer sur la foule lors des manifestations sont évidemment fausses : ceci sert, comme d’habitude, à justifier un changement de régime (plus favorable depuis lors aux intérêts US), et à « affaiblir la Russie ». Ce pays a cependant pris la mesure de cette attaque limpide et à large spectre, d’où la reprise en main de la Crimée…[21]

De fait, et l’information fut très étrangement transparente dans les médias mainstream occidentaux, c’est dès 2019 (le 7 février) que l’Ukraine a accompli un acte sans précédents : elle a inclus dans sa Constitution l’engagement à entrer officiellement dans l’Otan et simultanément (cela va de soi et suit la logique expliquée plus haut) dans l’Union européenne…

Selon Manlio Dinucci et d’autres sources, le parlement de Kiev a largement approuvé (par 334 voix contre 35 et 16 absents) les amendements en ce sens de la Constitution.[22]

Le Préambule énonce « le cours irréversible de l’Ukraine vers l’intégration euro-atlantique. » Les Articles 85 et 116 décrètent qu’un devoir fondamental du parlement et du gouvernement est d’obtenir au plus vite « la pleine appartenance de l’Ukraine à l’Otan et à l’UE ». L’Article 102, pratiquement similaire, stipule que « le président de l’Ukraine est le garant du cours stratégique de l’État pour obtenir la pleine appartenance à l’Otan et à l’UE. »

Le mérite d’avoir introduit dans la Constitution l’engagement à faire entrer à terme l’Ukraine dans l’Otan revient en particulier à l’ancien président du parlement Andriy Parubiy : co-fondateur en 1991 du Parti national-socialiste ukrainien, (qu’il quitta lorsqu’il devient « Svoboda ») sur le modèle du Parti national-socialiste d’Adolf Hitler, et chef des formations paramilitaires néonazies, utilisées en 2014 dans le putsch de Place Maïdan,[23] et dans le massacre d’Odessa. Ce personnage est aussi le chef du Conseil de défense et sécurité nationale qui, avec le Bataillon Azov et d’autres unités néonazies, attaque les civils ukrainiens de nationalité russe dans la partie orientale du pays et se livre avec ses escadrons à des exactions féroces et des autodafés dans un véritable style nazi.

Un tel homme fut donc président du Parlement ukrainien et, à ce titre, fut salué par maintes personnalités occidentales… Il est désormais remplacé (depuis le 29 août 2019) par Dmytro Razumkov… Il fallait un homme plus « soft » » et au passé moins trouble. Ce qui ne fut pas difficile.

Pour ce qui est de Svoboda (anciennement Parti national-socialiste ukrainien donc), dans une volonté de dédiabolisation, ce groupe extrémiste changea le symbole du parti, abandonnant ainsi le Wolfsangel nazi[24] qui a été utilisé par plusieurs divisions SS[25] et, après la guerre, par de multiples organisations néo-nazies, et ce pour le trident ukrainien.

Depuis lors, sauf lors de certains rassemblements, il y a en conséquence moins d’appels à la lutte armée « contre les Moscovites ou les youpins ». Nécessité, encore une fois, de lisser le message et attirer le plus grand nombre…

Pour autant, le parti continue de se réclamer de l’Organisation des nationalistes ukrainiens, dont la branche armée, l’armée insurrectionnelle ukrainienne, collabora activement avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et massacra les juifs de Galicie.

Mais apparemment ce genre de faits ne suscite guère la désapprobation d’autres juifs, tels Bernard Henry Levy, qui alla même jusqu’à Maïdan[26] pour haranguer la foule et désigner l’ennemi : à savoir Poutine… Il osera même cette phrase :

« Je n’ai pas vu de néo-nazis,

je n’ai pas entendu d’antisémites…»

Ces derniers jours de janvier 2022, BHL intervint dans une émission de Fox News et déclara notamment qu’il fallait résister à Poutine : « lequel nous a déclaré la guerre… » Comme quoi, dans une famille, il peut y avoir des démons et des anges : sa sœur, par exemple, Véronique Lévy, est une catholique fervente et, tout en se dissociant idéologiquement de son frère, s’évertue à établir des ponts conséquents, une véritable fraternité et la paix entre les hommes… Un exemple que n’a hélas pas encore suivi le fauteur de guerre.

On le distingue, même l’antisémitisme n’est qu’une formule dont on peut (ou non) se servir… Et ceux qui se prétendent sémites peuvent, à loisir, frayer avec leurs plus abominables ennemis. Les victimes de la Shoah, dont on ne cesse à longueur de journée de nous rappeler l’importance, doivent certainement se retourner dans leurs tombes !

Svoboda, Secteur Droit (Pravyi Sektor), le bataillon Azov et d’autres font donc partie de toute cette mouvance d’extrême droite en Ukraine que l’Occident, pour de multiples raisons, soutient, paye et entraîne ! Ceci, c’est évident, pour la liberté, la démocratie et les fameux (fumeux) droits de l’homme…

Le journal israélien Haaretz rapportait que Secteur droit et Svoboda auraient distribué des traductions récentes de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion sur la place Maïdan, et fait état de sa préoccupation quant à la présence importante de membres de ces deux mouvements et groupes armés ultra-nationalistes parmi les manifestants… Élucubrations, probablement.[27]

Il est vrai que, comme l’expliquais Laurent Fabius[28] :

« Le parti Svoboda est un parti plus à droite que les autres, mais il n’est pas d’extrême droite… »[29]

Bon, accordons-lui de rester logique avec lui-même puisque le même personnage déclarait également durant les événements en Syrie, tout le monde s’en souvient, que « le Front Al-Nosra[30]  faisait du bon boulot… »  Comme quoi les notions d’ennemis varient à loisir et ne concernent, il faut le comprendre, que la masse inculte ! Le Plan de l’oligarchie, lui, quelque forme qu’il prenne, peut à loisir décider pour la plèbe qui sont nos alliés ou nos opposants…

Dans leur tentative consciencieuse d’arracher l’Ukraine de la sphère d’influence de la Russie, les USA, l’UE, l’OTAN n’eurent donc aucune hésitation à s’allier avec des fascistes : mais ce n’est pas la première fois évidemment… Pendant des dizaines d’années, des millions de personnes ont « disparu » ou été assassinées par des structures paramilitaires fascistes armées et appuyées par les Etats-Unis. Tous ceux qui veulent s’en donner la peine sauront aisément trouver les diverses correspondances historiques et médiatiques de cette triste réalité.

Dans un article exhaustif et très détaillé sur le rôle des États-Unis dans les révolutions colorées, G. Sussman et S. Krader de la Portland State University mentionnent dans leur résumé :

« Entre 2000 et 2005, les gouvernements alliés de la Russie en Serbie, en Géorgie, en Ukraine et au Kirghizistan ont été renversés par des révoltes sans effusion de sang. Bien que les médias occidentaux en général prétendent que ces soulèvements sont spontanés, indigènes et populaires (pouvoir du peuple), les « révolutions colorées » sont en fait le résultat d’une vaste planification. Les États-Unis, en particulier, et leurs alliés ont exercé sur différents États postcommunistes un impressionnant assortiment de pressions et ont utilisé des financements et des technologies au service de l’aide à la démocratie »[31]

L’histoire démente des nationalistes ukrainiens est également intéressante tant elle est mythifiée afin de servir leur cause,[32] c’est ainsi que, depuis la fin des années 80 et jusqu’à aujourd’hui, leurs annales historiques trouveraient leur source au sein d’une prétendue ancienne civilisation aryenne, se poursuivant ensuite via la civilisation sumérienne et débouchant dans l’Égypte antique où ils construisirent les pyramides (…)

Selon les croyances de tous ces groupes, les ukrainiens sont de vrais Aryens purs[33] alors que les russes seraient une race métèque, soit de faux Slaves mêlés de sang Tatar, une sous-peuplade asiatique sans aucun intérêt, bref des sous-hommes.

Eux, ukrainiens, se proclament seuls véritables russes, opposés aux « Hordes asiatiques du Kremlin. » [34]

Sur le plan international, on garde à l’esprit que l’Ukraine est déjà de fait dans l’Otan, dont elle est un pays partenaire : par exemple le mortifère Bataillon Azov a été transformé en régiment d’opérations spéciales (…), doté de véhicules blindés et entraînés par des instructeurs USA de la 173ème Division aéroportée (transférés en Ukraine de Vicence), secondés par d’autres instructeurs (surtout polonais) appartenant à l’Otan. Pour quelle raison si ce n’est d’intensifier une guérilla avec les troupes russes ou les sécessionnistes dans le Donbass ?[35]

Faut-il aussi ne pas mentionner que la révolte « populaire » de 2013 ressemble comme une goutte d’eau (les exactions et les meurtres en moins) à celle qui avait déjà eu lieu en 2004 : toujours en ayant comme épicentre Maïdan ? Avec les mêmes officines étrangères en arrière-plan d’ailleurs ![36]

Ces informations ne sont-elles pas antinomiques, singulières, surprenantes, et ne témoignent-elles pas d’une psychologie qui place les réflexions de la masse au plus bas niveau ? Combien, dans nos sociétés démocratiques, s’insurgèrent du rôle joué par des groupes qui, tous, feraient pâlir jusqu’au régime hitlérien ? Combien sont mêmes au courant de leur implication ? Quels journaux de grande écoute en fit mention ? Ainsi donc, la mission de l’OTAN serait de s’unir avec des forces paramilitaires dont le venin idéologique est foncièrement similaire à celui-là même que l’Organisation atlantiste prétend combattre ? On se demande s’il faut frémir devant la duperie, ou rire à gorge déployée tellement c’est gros…

D’ailleurs, pour mettre fin à tous les doutes éventuels, notons que le 16 décembre 2021 l’Assemblée générale de l’ONU, entre autres textes au nombre de 59, adopta une résolution concernant  « L’élimination du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée »[37] liant au passage une résolution très spécifique,[38] laquelle invite les nations à « combattre la glorification du nazisme, du néo-nazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme , ainsi que la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée ».

« Selon ces termes, l’Assemblée s’est déclarée profondément préoccupée par la glorification du mouvement nazi, du néonazisme et des anciens membres de l’organisation Waffen SS, notamment par l’érection de monuments et de mémoriaux, l’organisation de manifestations publiques au nom de la glorification du passé nazi, du mouvement nazi et du néonazisme, et la déclaration ou la tentative de déclaration de ces membres et de ceux qui ont combattu la coalition antihitlérienne, collaboré avec le mouvement nazi et commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité comme « participants aux mouvements de libération nationale. »

En outre, l’Assemblée a demandé instamment aux États d’éliminer toutes les formes de discrimination raciale par tous les moyens appropriés, y compris par la voie législative, en les exhortant à faire face aux menaces nouvelles et émergentes que représente la multiplication des attentats terroristes incités par le racisme, la xénophobie et d’autres formes d’intolérance, ou au nom de la religion ou de la conviction.

Elle invite les États à veiller à ce que les systèmes éducatifs développent le contenu nécessaire pour fournir des comptes rendus exacts de l’histoire, ainsi que pour promouvoir la tolérance et d’autres principes internationaux relatifs aux droits humains. De même, elle condamne sans réserve tout déni ou tentative de déni de l’Holocauste, ainsi que toute manifestation d’intolérance religieuse, d’incitation, de harcèlement ou de violence à l’encontre de personnes ou de communautés sur la base de l’origine ethnique ou de la croyance religieuse.

Intentions louables, qui se heurtent toutefois frontalement aux exigences politiques et géostratégiques de certaines nations…

S’étonnera-t-on en effet que seuls deux pays (États-Unis et Ukraine) ont voté CONTRE cette résolution ?[39]

Il va sans dire qu’il n’est pas difficile de comprendre le sens du vote ukrainien contre la résolution de l’ONU contre le nazisme : celui-ci étant motivé par une véritable réécriture de l’histoire, une mythification, une idéologie motivée par la sympathie pour le nazisme et ce qu’il représente. Quant aux USA, ils affirment (hypocritement) que leur vote contre était motivé par le souci de la liberté d’expression… Voici d’ailleurs l’explication du vote que les États-Unis ont donnée au stade de la commission :

« La Cour suprême des États-Unis a constamment affirmé le droit constitutionnel à la liberté d’expression et les droits de réunion et d’association pacifiques, y compris par des Nazis avoués. »

Cela semble bon et noble… On peut toutefois s’étonner que des nazis avérés puissent s’exprimer librement mais que d’autres personnes, tels Julian Assange ou Edward Snowden, pour ne prendre que ces deux exemples très représentatifs, ne le peuvent aucunement. Telle justification ne tient dès lors pas la route !

Précisons encore que les pays de l’UE se sont abstenus, tout comme le Royaume-Uni. La raison, à l’évidence, c’est que l’OTAN a bel et bien l’intention d’utiliser (peu ou prou) les descendants des pires racistes d’Europe de l’Est contre l’ennemi prioritaire : la Russie.

Au moins la propagande et le mensonge ont des constantes, la peur fait partie de celles-ci… On assiste donc désormais à une hystérie antirusse qui ne saurait se comprendre qu’en l’établissant au même niveau que la psychose due au Covid.[40] Cette dernière s’affaiblissant un minimum, on se questionne sur la temporalité de la crise ukrainienne… S’agit-il de détourner l’attention du public cible ? Est-il question de préparer les esprits occidentaux à un inévitable conflit armé ? Ou faut-il établir ce fait à un autre niveau, c’est-à-dire celui d’une pression sans cesse renouvelée afin de maintenir la plèbe en état de sidération et en conséquence, pour la majorité de celle-ci, foncièrement incapable de raisonner et d’analyser globalement et froidement les événements en dehors d’un prisme médiatique réducteur, binaire et dirigé ?

Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins qu’un autre acteur risque d’entrer en jeu (ne fut-ce que diplomatiquement) : le 27 janvier 2022, la Chine a en effet apporté son soutien sans faille aux « préoccupations raisonnables » de Moscou vis-à-vis de l’Ukraine !

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, s’est entretenu par téléphone avec son homologue américain Antony Blinken au sujet de l’Ukraine. « Les préoccupations raisonnables de la Russie en matière de sécurité doivent être prises au sérieux et recevoir une solution », lui a lancé Wang Yi, selon un communiqué diffusé par son ministère.

Une prise de position qui survient au lendemain du rejet formel par les États-Unis et l’Otan de la principale requête (pourtant saine et logique) de Moscou : s’engager à refuser une adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique.

Mais pourquoi encore s’étonner de ce refus américain ?

Les exercices militaires conjoints entre la Chine et la Russie, eux aussi, ont depuis longtemps suscité l’inquiétude de l’OTAN. D’autant plus en sachant qu’à l’heure actuelle les multiples armes hypersoniques sont capables de frapper nucléairement n’importe quelle cible où que ce soit sur Terre… Un lanceur traverse en effet l’atmosphère, prend de la vitesse en tournant autour de la Terre, puis fonce sur sa cible en rentrant dans l’atmosphère ! Sa vitesse est telle que nul ne peut l’intercepter. Cette arme rend le « bouclier anti-missiles » de l’OTAN complètement obsolète. Actuellement, la Russie dispose donc aussi d’une supériorité dans les conflits nucléaires. Et, il semblerait que des versions intermédiaires soient déjà fournies par Moscou à la Chine et même très probablement à Pyongyang…

En outre, la Chine a développé une technique efficace de destruction de satellite qu’elle semble également avoir partagé avec la Russie… La destruction d’un vieux satellite soviétique, le 15 novembre 2021, non loin de la station spatiale internationale a suscité une vive émotion au sein de l’OTAN… Désormais, la Chine et la Russie pourraient rendre l’ensemble des armées de l’OTAN sourdes et aveugles en quelques heures !

D’autre part, on peut supposer que du fait de l’axe Chine-Russie, une déflagration militaire en Ukraine profiterait sans nul doute aussi à Pékin qui, sans coup férir, pourrait en profiter pour avancer militairement vers Taïwan : malgré la flotte américaine dans les parages. On ne voit pas très bien comment l’armée US, étiré sur deux fronts majeurs (et on ne parle pas de petites nations là) pourrait réellement s’y opposer…

En conséquence, la crise en Ukraine est certes peut-être de la simple gesticulation,[41] mais c’est aussi peut-être en liaison avec l’ouverture prochaine du gazoduc Nordstream-2 : ce qui déplait fortement aux américains…[42]

Reste que même en Europe personne de sensé n’estime que le Kremlin envisage sérieusement de pénétrer en territoire ukrainien ! Même le chef de la Marine allemande, Kay-Achim Schönbach,[43] qualifiait (en janvier 2022) « d’inepties » les allégations occidentales selon lesquelles Moscou envisagerait d’envahir l’Ukraine !

Souvenons-nous de ce que sont les cinq principes de la propagande de guerre :

– Cacher les intérêts économiques, stratégiques ou géopolitiques

– Occulter le contexte historique nécessaire à la compréhension

– Diaboliser l’adversaire

– Inverser les valeurs (l’agresseur devenant l’agressé)

– Avoir le monopole du narratif (voire empêcher le débat)

Tout ceci, à l’évidence, est aisément discernable au sein de la crise ukrainienne. Comme ce fut le cas bien ailleurs…

Avant les bombes éventuelles, il faut préparer les citoyens !

On pourrait se demander un très court instant quelles nations européennes iront au combat face à l’Ours russe en cas de conflit, mais en réalité chacun connaît déjà la réponse: toutes celles qui y seront entraînés de par leur suivisme…

Beaucoup de propagande mensongère, un zeste d’inversion accusatoire, un soupçon d’hypocrisie, et voilà le petit peuple[44] envoyé au front telle de la chair à canon. À croire que l’histoire ne nous apprend rien…

Les mêmes qui allaient mourir pour la Pologne et le couloir de Dantzig en 1939 s’en iront donner leur sang pour les identiques intérêts financiers, politiques, géostratégiques : afin de satisfaire aux exigences d’une petite oligarchie totalement imperméable à l’importance de l’existence humaine.

Précisons tout de même, qu’en cas d’engagement militaire d’envergure, le président Poutine spécifiait qu’il ne viserait pas nécessairement les pays agresseurs mais les véritables donneurs d’ordres… Encore une raison qui militerait plutôt pour un apaisement progressif des tensions, mais tout dépendra en réalité des visées oligarchiques, de leur patience affichée, et des dissensions au sein des différents clans qui composent l’élite mondialiste.

Reste qu’il est assez incroyable de remarquer, quel que soit d’ailleurs le sujet, que nous sommes assurément en train de vivre des moments historiques voire littéralement eschatologiques et, pourtant, bien peu d’hommes ont claire vision du virage qu’opère l’engeance humaine… Les multiples leurres placés devant la conscience expliquent probablement la chose. Du moins en partie.

(Fragment d’un chapitre du livre « En alerte ! Chroniques d’avant chaos » disponible ici : https://www.amazon.fr/dp/B09SP45H98)

[1] Brzeziński : 28 mars 1928 – 26 mai 2017. Il a été, entre beaucoup d’autres activités ou fonctions, conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, de 1977 à 1981. En 1997, il écrit Le Grand Échiquier, livre dans lequel il exprime clairement que tout adversaire menaçant l’hégémonie américaine doit être considéré comme une menace et, à ce titre, détruit selon certains moyens (non pas spécifiquement militaires d’ailleurs) : subversion, renversement de régimes, contestations intérieures téléguidées, bouleversements sociaux orientés selon les intérêts américains, révolutions colorées, tout cela étant nettement plus profitable, voire moins dangereux, puisqu’à ce titre l’armée US n’est pas engagée directement… Notons aussi qu’il est le co-fondateur, avec le multimilliardaire David Rockefeller, de la Commission Trilatérale en 1973, il la dirigera d’ailleurs jusqu’en 1976…

[2] Réalité ayant cours depuis 1945, comme l’a très bien compris le général de Gaulle…

[3] Europe ET Asie orientale.

[4] Fondation Nationale pour la Démocratie : une façade parmi d’autres depuis lors autorisant la critique (au mieux) de certains pays et, au pire, poussant à la déstabilisation (en aidant, soutenant ou armant certains mouvements ou groupuscules) au sein de nations très spécifiques qui s’opposent aux desiderata américains.

[5] Ukraine 2013-2014. Nous allons y revenir en profondeur.

[6] Rappelons tout de même que le maître du Kremlin fut colonel dans l’ancien KGB et, en la matière, identifie parfaitement les arcanes et les méthodes de certains services.

[7] Il en fut évidemment de même quelques temps auparavant pour le National Endowment for Democracy. À noter que même Wikipédia se fait le relais de ce qui est ici avancé, à savoir que la NED a dépensé des millions de dollars pour renverser le régime du président Alexandre Loukachenko en Ukraine. Lien aisément disponible ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/National_Endowment_for_Democracy

[8] Nous verrons dans quelques lignes où se trouvent les vrais fascistes…

[9] Signé formellement le 7 février 1992 et entré en vigueur le 1er novembre 1993.

[10] Dont à l’évidence tout le monde ignorait qu’ils se situaient en Europe…

[11] Il suffit d’aller voir : https://www.eurocorps.org/

[12] Enfin, pas tout le monde…

[13] À ce propos, il convient de se remémorer la phrase de François Mitterrand spécifiant : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. » (Cité par Georges-Marc Benhamou dans son livre « Le dernier Mitterrand »

[14] La clause de défense collective.

[15] Le pacte de Varsovie est une ancienne alliance militaire groupant les pays d’Europe de l’Est avec l’URSS dans un vaste ensemble économique, politique et militaire. Il est conclu le 14 mai 1955 entre la plupart des pays communistes du bloc soviétique par un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle. Nikita Khrouchtchev, qui en fut l’artisan, l’avait conçu dans le cadre de la guerre froide comme un contrepoids à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) qui avait vu le jour en avril 1949. Les membres du Pacte (L’URSS, l’Albanie (jusqu’en 1968), la Bulgarie, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la RDA (République démocrate allemande) et la République tchécoslovaque. La RDA n’était pas présente lors de la signature mais rejoint le pacte de Varsovie en 1956) se promettaient un secours mutuel en cas d’agression d’un des pays membres. Le pacte s’acheva le 31 mars 1991 et fut officiellement rompu lors d’une rencontre à Prague le 1er juillet de la même année.

[16] L’OTAN étant l’outil stratégique voire le mécanisme répressif de la politique américaine. Mais toujours, bien sûr, sous le couvert des plus hautes valeurs et vertus…

[17] Il convient de le répéter ici : ceci se réalisa au mépris même de la parole maintes fois donnée aux autorités russes ! Ce qui en dit long sur l’honnêteté de certains et, surtout, sur la perception qu’en a depuis lors la Russie…

[18] Ils se trouvent à l’adresse suivante et sont réellement d’importance : https://nsarchive.gwu.edu/briefing-book/russia-programs/2017-12-12/nato-expansion-what-gorbachev-heard-western-leaders-early

[19] Secrétaire d’État des États-Unis (de 1989 à 1992), c’est-à-dire du département chargé des Affaires étrangères.

[20] N’oublions pas que l’apparent recul russe lors de la crise de Cuba, en réalité, fut uniquement effectif parce que le Kremlin avait obtenu le retrait des missiles balistiques américains « Jupiter » déployés en Turquie, en Grèce et en Italie : ce fait n’est évidemment jamais rappelé par les médias…

[21] Après un référendum : il faut tout de même le rappeler organisé par les Russes de Crimée qui décidèrent de se détacher de l’Ukraine et de rentrer en Russie pour éviter d’être attaqués, comme les Russes du Donbass, par les bataillons néo-nazis de Kiev. Car ce sont eux qui furent utilisés en 2014 comme force d’assaut dans le putsch de la Place Maïdan, (amorcé par des snipers qui tiraient sur les manifestants et sur les policiers), puis dans d’autres actions successives : villages mis à feu et à sang, militants brûlés vifs à la Maison des Syndicats d’Odessa, civils sans armes massacrés à Mariupol, bombardés au phosphore blanc à Donetsk et Lugansk. …

[22] Manlio Dinucci, pacifiste, journaliste et géographe, a été directeur exécutif pour l’Italie de l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War, une association qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1985. Collabore avec le journal Il Manifesto. Auteur de nombreux essais sur les thèmes de la paix et de la guerre, il a récemment été l’un des fondateurs du Comité No War No NATO.

[23] Durant ces événements, Andry Parouby est le commandant et le coordinateur des « corps volontaires de sécurité » dans les manifestations violentes de la place Maïdan.

[24]  La « Rune du Loup »

[25] Par exemple la Panzerdivision SS Das-Reich qui a rasé le village d’Oradour-sur-Glane et exterminé sa population le 10 juin 1944.

[26]  Quand tout fut apaisé, bien sûr…

[27] Lien : https://www.haaretz.com/jewish/.premium-ukraine-jews-new-dilemma-1.5326313

[28] Désormais Président du Conseil Constitutionnel en France.

[29] Déclaration faite par Laurent Fabius le 11 mars 2014 sur France Inter : https://www.dailymotion.com/video/x1g6n7l

[30] C’est-à-dire Al-Qaïda : nos adversaires pourtant certifiés et désignés…

[31] (G. Sussman et S. Krader, « Template Revolutions : Marketing U.S. Regime Change in Eastern Europe », Westminster Papers in Communication and Culture, University of Westminster, London, vol. 5, n° 3, 2008)

[32] Le fait s’est également produit dans l’Israël moderne qui, après 2000 ans d’errance, revendiqua son droit au retour sur la terre des ancêtres (droit, bien sûr, dénié ensuite aux palestiniens chassés de leur terre…) : textes religieux à l’appui.

[33] On comprend mieux pourquoi, pour ne prendre que cet exemple, il y a bien peu de joueurs de couleurs au sein des clubs de football de ce pays : les supporters (véritables hooligans pour la plupart) ne le supporteraient pas…

[34] Il est ici question de la Rous’ de Kiev : celle-ci étant la plus ancienne entité politique commune à l’histoire des trois États slaves orientaux modernes : Biélorussie, Russie et Ukraine. (milieu du 9e siècle jusqu’au milieu du 13e siècle).

[35]  Lien en correspondance complète : https://www.rtbf.be/article/des-instructeurs-militaires-americains-en-ukraine-colere-de-moscou-8958493?id=8958493

[36] Les identiques projets étant sous-jacent : sortir absolument l’Ukraine du giron russe et l’établir dans celui de l’UE et de l’Alliance atlantique, établir de nombreuses bases de l’OTAN (et donc de l’armement offensif) au plus près de la Russie, réorganiser les bandes d’ukronazis afin qu’elles harcèlent les russes.

[37] https://www.un.org/press/en/2021/ga12396.doc.htm (milieu de la page, qui est assez longue).

[38] Résolution 76/226, téléchargeable sur la librairie digitale de l’ONU ici : https://digitallibrary.un.org/record/3954980?ln=fr

[39] Par ailleurs 130 voix pour, et 49 abstentions.

[40] Pour peu qu’on questionne son entourage, et chacun remarquera une « étrange » corrélation entre les pro vaccins et les russophobes… Il est vrai qu’ils sont tous nourris à l’identique biberon médiatique…

[41] L’avenir nous le dira, cependant il faut noter qu’une conflagration en Europe aurait également pour effet de disloquer pour longtemps le couple germano-russe (ambition affichée clairement, et depuis fort longtemps, par les divers stratèges outre atlantique).

[42] Il doit d’ailleurs s’agir d’une de ces fameuses coïncidences dont ce livre s’est fait l’écho si Joe Biden a reçu le 31 janvier 2021 l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani… Il fut notamment question lors de leur rencontre « d’assurer la stabilité de l’offre internationale d’énergie », si jamais les Européens cherchent des alternatives au cas où le gaz russe venait à manquer suite à une confrontation à propos de l’Ukraine… D’ailleurs, en cas de fermeture de robinet de l’État russe envers les ukrainiens, les États-Unis se préparent généreusement à les remplacer avec des fournitures massives de gaz naturel liquéfié. Plus cher, bien sûr…

[43] Sommé de démissionner après ses propos pas assez russophobes : ce qu’il fit…

[44] Oui, la plèbe uniquement, cela va de soi.

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2 réponses à Dissensions géostratégiques

  1. Jean dit :

    La vérité tombe souvent dans la boue du mensonge, hélas. Merci de remettre les pendules à l’heure !

  2. Thot Théurge dit :

    C’était effectivement le but. Merci à vous.

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