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Corps et Plans subtils

Les multiples et réciproques échanges entre l’homme et son environnement (proche ou lointain) passent par différents filtres, eux-mêmes récepteurs et émetteurs. Nous recelons en notre sein une certaine capacité vibratoire qui, en fonction de notre nature profonde, de notre évolution (et donc de notre karma) nous permet d’intercepter et de refléter les Forces au niveau qui nous est propre.

Selon les Lois d’analogie, il n’est pas inopportun de remarquer que les 7 chakras majeurs sont reliés aux 7 corps (aussi appelés Principes) de l’être humain... Certains de ces corps, outils dont l’Univers nous dote pour évoluer, doivent cependant, à leur stade, être sublimés et purifiés afin de quitter la périphérie ! Il en est ainsi des quatre corps inférieurs. Chacun de ceux-ci est en effet bipolaire et sensible aux deux aspects de la Nature : le Lumineux et le Sombre. En conséquence et dans un premier temps, il convient «d’humaniser» ces Principes et, ensuite, de faire en sorte que les corps supérieurs dominent les secondaires : ce qui est le gage d’un progressif retour vers le Centre...

En fonction du Temps et de l’espace, il est évident que les descriptions et les termes variant, référons-nous donc à la classification d’Alexandre Moryason à propos de ces corps. Voici donc la hiérarchie prévalant quant aux différents plans : du plus dense au plus élevé...

1) Le corps physique (qui n’est cependant pas un Principe !)
2) Le corps éthérique
3) Le corps astral ou psychique (siège des émotions et des passions)
4) Le corps mental (divisé en mental inférieur ou concret, et en mental supérieur ou corps causal)
5) Le corps Bouddhique
6) Le corps Atmique
7) La Monade
8) Adi : Etincelle Divine Première

De tous les corps constituant l’être humain, seule l’Etincelle Adi est immortelle et impérissable. C’est le Germe Divin, l’esprit dans la Conscience. Adi (le Soi Véritable) est le symbole et la réalité concrète de la Source Véritable et Unique : le Brahman (comme disent les hindous). Adi est identique, en essence, au Brahman. Et Celui-ci est comme un parent primordial, un Pôle magnétique auquel sont reliés toutes les âmes. L’Etincelle Divine première est donc la Soi-Conscience, la Parcelle de Braham. C’est cette Parcelle, ce Fragment de Lumière, qu’il convient de «réveiller». Y parvenir, c’est se libérer. Sur le chemin néanmoins, intellectuellement parlant, déjà sera-t-on en mesure de comprendre que Brahman, de par la diversification de Ses Energies qui atteint jusqu'à notre densité, englobant et faisant évoluer de multiples êtres, de par Son rôle dans le monde de la manifestation donc, peut légitimement être considéré comme le Logos de ce système solaire... En Inde, Il est d’ailleurs appelé ISHVARA (Le Seigneur). Il est le foyer de la plus haute Conscience spirituelle qu’on puisse atteindre dans ce présent Système Solaire. La difficulté cependant, et nous y reviendrons, provient du fait qu’en nous incarnant, nous établissons par là-même une dualité : apparaissent le « je », le « moi » et «l’autre», le désir de jouissance et de répulsion, l’agréable et le désagréable. L’Eternité est enfermée dans le Temps. En Théurgie, «coïncidence», les Rituels destinés à s’harmoniser avec le Logos Solaire cernent tous un travail sur le cœur : le nôtre et le Sien (captation de diverses Forces équilibrantes et harmonisantes). Ce n’est pas un hasard... Car c’est bien au sein du cœur, là où, au-delà du biologique, s’entrecroise un réseau très dense de Nadis (canaux) charriant des courants d’énergie subtile que se tient le Soi (Adi) à «retrouver»... Y parvenir, c’est, pareillement, retrouver la Source, c’est s’identifier à Elle. De fait, pour aller plus loin, c’est également au sein du cœur, à sa racine, que se concentrent, au moment ultime, l’ensemble des énergies psychiques. C’est là, donc, que se découvre pleinement le Soi. Alors, comme nous le lisons dans les Upanischad, « le sommet du cœur s’illumine »...

Difficile de ne faire aucun rapprochement avec les NDE (Near Death Experiments, Expériences au Seuil de la Mort) où les mourants, selon leurs descriptions, décrivent tous un retrait progressif de la conscience DE LA PERIPHERIE VERS LE CENTRE, c’est-à-dire le cœur... Qui est d’ailleurs cet Etre de Lumière qui apparaît souvent durant ces épisodes ? Tous ceux qui décrivent ce moment se sentirent, quel que soit leur degré d’ouverture ou de fermeture spirituelle, en symbiose avec cet Etre, comme si une partie d’eux-mêmes entrait en résonance avec le Tout...

Selon la grande Helena Blavatsky (fondatrice de la Société Théosophique) qui publie en 1889 un article (« La mémoire chez les mourants »), au dernier moment, la vie toute entière est reflétée dans notre mémoire : elle émerge de tous les recoins oubliés, image par image, un événement succédant à l’autre. Le cerveau mourant déloge les souvenirs avec une impulsion de la dernière énergie, et la mémoire restitue fidèlement chacune des impressions qui lui avaient été confiées pendant la période d’activité du cerveau... Le cerveau pense et l’ego (le personnel, l’inférieur : NDA) passe en revue en quelques brèves secondes l’intégralité de sa vie.

Dans l’article cité et ailleurs encore (« La Clef de la Théosophie »), Mme Blavatsky explique fort justement qu’à l’instant où les fonctions physiologiques et biologiques atteignent un stade de non-retour, la conscience du mourant pénètre progressivement les couches de son monde psychique (là où les mourants voient souvent des parents ou des amis décédés les accueillir avec affection) et atteint finalement, en pleine lucidité, le centre : c’est-à-dire la zone spirituelle par excellence. C’est là que l’ego personnel et inférieur s’unit à l’Ego Individuel et Supérieur !

Bien qu’utilisant d’autres termes, les bénéficiaires de NDE interrogés par le Dr Moody et ses émules ne disent pas autre chose. Et ceci explique parfaitement pourquoi, durant cette extraordinaire expérience unitive de la conscience terrestre et de Adi, celui-ci a été perçu comme un Etre de Lumière rempli d’amour et de compréhension... C’est bien logique. Durant toute son incarnation, la personnalité du mourant a été reliée à ce Soi : ce n’est que lorsque le monde de la dualité disparaît qu’elle retrouve la Lumière dont elle ne fut jamais totalement séparée. C’est lorsque le sommet du cœur s’illumine que le multiple, pour un temps, redevient Un...

Il nous faut inévitablement dire un mot sur la Théosophie...

Mme Blavatsky (1831-1891) a créé la Société Théosophique en 1875 avec pour objectif avoué la création d’un noyau de fraternité entre les hommes. Selon ses prévisions en effet (largement avérées depuis !), l’humanité risque de perdre son âme et de s’épuiser en d’interminables règlements de comptes entre races et nations ...
Pour bien saisir toute la finesse et la subtilité de ce raisonnement, il conviendrait, au préalable, de lire l’ouvrage de référence de Mme Blavatsky : «La Doctrine Secrète». On y apprendra dans le détail les mouvements cycliques des races et le pourquoi des règlements de compte à venir...Autres ouvrages principaux : «Isis dévoilée», «La Clé de la Théosophie», «La Voix du Silence».

Le déferlement des doctrines orientales en Occident doit beaucoup à l’entremise de la Société Théosophique. Pareillement, la réalité de la Divinité inhérente à l’homme, de même que la nécessité de prendre en main son évolution spirituelle, sans oublier l’action bienfaisante et concrète de Supérieurs (qu’ils soient humains ou non) : tout cela fait partie intégrante de l’enseignement dispensé.

Selon la Théosophie, et nous insisterons sur ce point dans les prochaines pages, le Cosmos en son entier est soumis aux Règles de l’Evolution de la Conscience ! Le But Final étant l’Eveil total (Union permanente avec le Un). Par la réincarnation et les épreuves du Karma, cette grande Loi de Cause à Effet qui atteste autant de l’humaine liberté que de la Miséricorde Divine, tout un chacun peut donc progressivement « s’éveiller », c’est-à-dire prendre conscience de sa Conscience et, là où il se trouve, aider ses frères à évoluer... Ceci dément donc formellement les affirmations de plusieurs sous-entendants que ce type de transcendance est subordonné à une action égoïste... En fait, à qui sait le voir, ceci atteste au contraire d’une solidarité sans faille : il n’est nullement question d’évoluer individuellement sans partage à la collectivité ! Les deux vont de pair. Et ceci vaut pour tous les êtres ! Pour autant qu’ils le veuillent... L’aide reçue (qui se concrétise en parallèle de nos efforts, de notre compréhension et de notre évolution) doit donc être redistribuée à ceux qui en ont besoin, selon nos capacités et nos dons. PERSONNE n’évolue véritablement sans utiliser ses talents pour faire évoluer ceux qu’il peut toucher ! L’amour et la connaissance partagés seuls font réellement grandir. Pas l’égoïsme.

Toute l’Evolution est donc orientée vers cet Objectif : retourner (et aider à retourner) vers l’Impérissable ! Non cependant, comme l’affirment certains courants bouddhistes, pour s’y diluer, s’y fondre ; le But est au contraire de revenir à l’Un avec tout l’acquis positif des expériences et surtout, choses essentielle, avec la conscience de sa Conscience : savoir ce qu’Elle est, et, par extension, savoir ce que nous sommes réellement, et donc ce qu’est Dieu...

Cette chaîne d’évolution solidaire, tissée à travers les différents règnes de la Nature et à travers le Temps et l’Espace, "oblige" certains êtres hautement évolués à quitter leur niveau et les pousse vers ceux qui peinent, qui souffrent, qui désespèrent : ceux qui, surtout par leurs erreurs personnelles, éprouvent les plus grandes difficultés à transfigurer leur nature. Tout ceci est logique, même si ça ne se comprend qu’en vertu d’un acte d’Amour. Et de Connaissance... Car l’enfant a besoin de « parents » attentifs qui induisent en lui l’éveil de ses facultés. Les Egos en «maturation» ont la nécessité d’être aidés par les égos en maturité. Et ces derniers, non parce qu’ils le doivent mais parce qu’ils le veulent, n’ont de cesse de fournir à l’homme ce que lui mérite son évolution : à savoir les degrés, différents pour chacun, du Feu de la Connaissance. Celle-ci nous indiquant ensuite, progressivement, les diverses voies à suivre pour tenir, évoluer, dispenser.

La Doctrine Secrète parle de ces êtres supérieurs qui reviennent dans le monde comme des returning nirvanees , des âmes sorties du Nirvana. Elle s’en reviennent pour offrir à l’Humanité le brasier du Savoir. Par pur Amour. Cet acte de non-égoisme est révélateur de l’intensité du Sentiment qui les tenaille, eux qui sont plus près que nous de la Source... Nous gagnerions à méditer sur le sujet.Cette amoureuse descente dans la densité oblige à comprendre qu’il y manifestement ici un éveil de la Conscience : non une dilution de celle-ci. C’est donc l’inverse de ce courant bouddhiste (Hinayana Traditionnel. Bouddhisme du Sud, dit Ecole Orthodoxe car créé par les disciples directs du Bouddha. Appelé également Petit Véhicule) affirmant qu’après la mort il n’existe plus rien... Pour les tenants de cette doctrine, la conscience ne serait en fait qu’une succession d’états de conscience ! Rien de permanent à ce niveau. A la mort, seul resterait le faisceau des forces karmiques établi durant l’existence (énergies mises en jeu par la volonté, facteurs mentaux, désirs, etc.) qui produiront un nouvel être dans un nouveau corps. Pas de Conscience Eternelle donc, mais des forces psychiques produites durant les différentes vies incarnées, qui s’assembleront finalement et feront atteindre un Nirvana où elles se fondront avec béatitude dans l’Un...

Sans manquer de respect pour les tenants de cette forme de pensée, et tout en sachant que chacun est là où il se trouve de par des intériorités existentielles bien précises, on peut aussi néanmoins être assez libre que pour faire valoir des doutes sur cette conception de «l’après-vie»... Comment en effet faire valoir la félicité d’un Nirvana lorsqu’on apporte crédit à cette doctrine ? Car comment percevoir la jouissance ? S’il n’y avait « personne » avant (après chaque mort terrestre), aucune Conscience consciente, comment pourrait-il y avoir en définitive quelque chose pour profiter de la béatitude ? Certes, la cause principale de la souffrance (le Désir) est morte, et la douleur avec elle : mais TOUT est mort ! Il ne reste rien. Pendant des milliers d’année on cherchait à échapper à la condition humaine et à ses corollaires négatifs, et finalement, on n'est plus rien ! Plus de souffrances, certes, mais pas davantage de jouissances ... On ne souffre plus mais on n'est pas plus heureux. On ne ressent plus rien. Tous les efforts déployés n’ont abouti qu’à une impasse : une annihilation totale de tout !

Difficile de souscrire à ceci ! Même en comprenant qu’existe une grande différence entre la façon dont est vécue la conception réincarnationniste en Orient et en Occident, il est néanmoins logique d’affirmer qu’il faille, inévitablement, un élément durable qui transmigre de corps en corps, de vie en vie. Certes, pour les uns, les orientaux, il s’agit de mettre fin au plus vite au cycle des naissances, car la vie est un fardeau : à cause de la souffrance (pour les Hindous), à cause du Désir qui engendre l’insatisfaction et donc la souffrance, pour les Bouddhistes. Mais pour les autres, les occidentaux, la réincarnation est vécue comme une chance : comme un moyen de s’amender, d’évoluer et de se transfigurer. Partant de ce principe, il est logique d’attester la permanence d’une entité en nous qui, de vie en vie, de non-mort en non-mort, retire la quintessence de ses multiples expériences ... Il faut un substrat conscient. TOUJOURS conscient... Dans le cas contraire, il serait difficile de ne pas sombrer dans le nihilisme à outrance (celui du corps, de la vie même) et dans l’égoïsme le plus total (je dois, moi, me sauver : moi seul compte et mes forces ne se tournent que vers moi ...) Est-il utile de préciser que telles ne sont pas les Règles régissant l’Evolution de la Conscience ? De fait, aux difficultés générées par la doctrine du Hinayana, régulièrement remise en question au fil des âges, l’Ecole Bouddhique du Nord (Grand Véhicule, Mahayana) établie aux premiers temps de l’ère chrétienne, oppose une autre conception ... En tout homme, dit-elle, subsiste un germe (le Germe-de-Bouddha) qui transmigre et élève progressivement la conscience humaine jusqu'à ce que cet Eveil soit définitif et fasse de l’être un bodhisattva (un sauveur)... Nous rejoignons donc ici la Théosophie car, nous le vîmes, les bodhisattvas sont à même de refuser les bénéfices auxquels ils peuvent prétendre (ou les délaisser pour un temps) pour continuer à faire évoluer le genre humain ou des hommes et des êtres bien spécifiques. Ce qui atteste parfaitement d’une perception et d’un contrôle de la Conscience ...N’étant plus soumis personnellement au Karma, les Sauveurs réintègrent néanmoins l’ordre général pour tracer le Chemin et épauler ceux qui ne peuvent saisir les profondeurs des Règles Universelles. Et surtout celles qui ont trait à la Loi Karmique.>

Le Karma est le Principe Fondamental de l’Univers ! Cette Loi nous dit que toute cause engendre un effet. Et, de fait, chacune de nos actions, de nos mouvements, de nos paroles, de nos pensées même, produisent certaines conséquences. Que ceci cerne un aspect négatif ou positif. Mais la Règle va plus loin, elle nous indique que nos orientations, au-delà de leurs effets premiers, ont un effet secondaire qui nous revient avec une force et une orientation équivalentes ! Ce qui sous-entend, tout le monde l’aura compris, que l’intensité et la direction des causes produites personnellement se retrouveront dans nos vies : sous une forme ou sous une autre ... Sachant cela, on évitera dorénavant d’accabler de reproches Celui qui n’est pas le moins du monde responsable des difficultés de notre existence ! Si quelqu’un est à juger, c’est nous-mêmes : nous sommes seuls responsables de notre vie actuelle ! Nous l’engendrons par nos actes : depuis cette vie mais surtout depuis d’autres ... Il y a en effet trois sortes de Karma :

1) le Karma que nous subissons actuellement
2) le Karma qui est en attente
3) le Karma que nous générons actuellement.

Tous les êtres pensants sont soumis à cette Règle, même si certains peuvent la retarder, voire la dénaturer : mais cela ne dure qu’un temps, ensuite ... Il convient en outre de remarquer que le Karma individuel est dépendant du Karma général, et qu’il existe un Karma soit inexorable soit flexible.

De tout ceci ressort une grandiose vérité : l’homme est le maître de son destin ! Certes, peut-être pas concrètement dans les mois qui suivent, mais à mesure qu’il s’imprègne de cette réalité, et le voici à même de se parfaire, de cotiser pour son futur, d’évoluer. Pour cela, il est une notion qu’il importe de saisir : demain C’EST aujourd’hui ! Le futur se construit au présent. Ce que nous ne voulons plus subir ou, à l’inverse, ce que nous aimerions (en liaison avec l’Ordre Universel), tout cela est possible : à condition de commencer maintenant ! TOUT change si nous changeons. Et nous le pouvons : chacun selon des degrés propres. Si, en outre, cette nouvelle orientation est intégrée au sein de l’Evolution générale de la Conscience, et nul ne doit en douter, les Juges du Karma permettront une gestion extrêmement douce de qui doit être réparé ...

A la phrase de Yod-Hé-Vaw-Hé (Je Suis Celui qui Est) répond inexorablement celle de l’humain : je suis ce que je fis ... Tout ce que nous sommes, en effet, est la résultante de nos actions (physiques, psychiques, mentales). Et faire est bien! Car dans l’Univers, tout est Mouvement : même ce que nos sens considèrent comme immobile. C’est à ce grand Mouvement et avec le mode d’expression qui est le notre, à savoir notre être incarné, que nous devons nous associer. Mais non pas pour densifier plus encore ce corps et l’enraciner, il convient en fait de l’alléger : c’est-à-dire le transfigurer et l’amener à un état de plus en plus proche du divin. D’ailleurs, l’homme est un être de compétition : la bagarre ne l’effraye pas outre mesure. Cette véracité n’est en outre pas mauvaise en soi : elle oblige l’être à puiser fréquemment dans son potentiel. Néanmoins, il serait temps qu’il comprenne et accepte que le but du « jeu » n’est pas de dépasser quiconque (ça ne sert à rien) mais de se dépasser soi-même : c’est-à-dire se retrouver. L’important n’est pas d’être meilleur que les autres, l’important est d’être meilleur ... Tant qu’il ne saisit pas cette règle, l’homme erre et s’épuise dans ce qui est futile, vain et, en général, non évolutif. Car il se coupe d’une Loi qui cerne parfaitement le concept de solidarité ... La compétition en effet ne doit nullement se faire au détriment d’autrui, mais autant pour soi que pour autrui ! Nous sommes tous reliés ... En tant que membre d’un corps, l’Humanité, l’homme exprime effectivement (sans le savoir souvent) une interdépendance concrète. Et c’est bien pourquoi il n’est personne qui se soit élevé sans avoir, un minimum, élevé ses semblables. Ce qui prouve éminemment que le Karma individuel est intimement lié au Karma général ... Cette loi est donc une Loi de solidarité, non de séparatisme. Le moindre bien ou mal produit, la moindre cause, se répercute sur l’ensemble : d’une façon ou d’une autre ! Quelque excuse donc que prétexte celui qui refuse d’aider et d’aimer les autres, il ne fait, en réalité, que freiner sa marche en avant et vers le haut et retarder même celle des autres. C’est d’ailleurs en pensant à cette règle que l’Ecriture judéo-chrétienne fait allusion en disant : « un seul a péché donc tous ont péché » ... C’est à cela en conséquence que sert la réincarnation : à nous fournir, vies après vies, épreuves après épreuves, luttes après luttes, une plus grande Connaissance et une Conscience épurée. Celui qui le comprend, l’accepte et en fait l’objectif de sa vie, celui-ci trouvera également sur sa route les moyens d’y parvenir ...

" Depuis l’Antiquité la plus reculée, le genre humain, pris dans son ensemble, a toujours été convaincu de l’existence d’une entité spirituelle et personnelle dans l’homme physique personnel. Cette entité intérieure était plus ou moins divine suivant le degré de proximité avec la couronne (le pole divin). Plus cette union était intime, plus la destinée de l’homme était sereine, et moins les conditions extérieures étaient dangereuses. Une telle croyance n’est ni de la bigoterie ni de la superstition, mais un sentiment instinctif toujours présent de la proximité d’un autre monde spirituel et invisible qui, bien que subjectif pour les sens de l’homme extérieur, est parfaitement objectif pour l’Ego intérieur. De plus, ces hommes de l’Antiquité croyaient qu’il y avait des conditions extérieures et des conditions intérieures qui pouvaient influencer la détermination de notre volonté sur nos actions. Ils rejetaient le fatalisme, car le fatalisme suppose l’action aveugle de quelque pouvoir plus aveugle encore. Mais ils croyaient à la destinée ou karma, que, de sa naissance à sa mort, tout homme tisse fil par fil autour de lui-même, ainsi qu’une araignée sa toile, et, pour eux, cette destinée était guidée par cette présence que certains appellent l’ange gardien, ou au contraire, par l’homme intérieur astral qui nous est plus familier, mais qui n’est que trop souvent le mauvais génie de l’homme de chair, la personnalité. Ces deux réalités mènent l’homme, mais l’une d’elles doit nécessairement l’emporter, et dès le commencement même de la lutte invisible, la loi de compensation et de rétribution, sévère et implacable, entre en jeu et accomplit son œuvre en suivant avec vigilance les péripéties du combat. Quand le dernier fil est tissé, et que l’homme paraît comme enveloppe dans le filet qu’il a lui-même ourdi, il se trouve alors complètement sous l’empire de cette destinée qu’il a lui-même créée. Celle-ci l’immobilise alors comme un coquillage inerte au rocher immuable, ou l’emporte comme une plume, dans un tourbillon que ses propres actions ont soulevés " (Isis Dévoilée).

Il en est cependant de la réincarnation comme de toute chose : la doctrine peut aisément être pervertie et aboutir à une caricature. Ce type de dérive est même assez fréquent : incidemment, d’étranges concepts sont véhiculés... On apprend par exemple que des « mages » sont en mesure de faire revivre à certaines personnes jusqu'à 200 vies ! ! ! Sachant que la « victime » vient voir le gourou à cause d’un mal être, on imagine très bien dans quel état elle peut se trouver après de telles séances ... Certes, il est clair que ce type de réminiscence n’est pas liée à des existences antérieures, mais il n’en reste pas moins qu’un grand mal psychique (et c’est le moins qui se puisse prétendre) découlera de ces prétendues thérapies. Souvenons-nous que la Nature, suivant d’immuables et très sages Lois, si elle nous préserve de souvenirs existentiels antérieurs pénibles, le fait avec raison ! Elle nous donne la chance de revivre une vie nouvelle : un nouveau départ. Certes objectivement lié à d’autres périodes passées, mais invisiblement lié... Rares, s’ils la connaissaient, sont ceux qui pourraient assumer la vérité concernant leurs vies antérieures ! La difficulté est parfois déjà tellement concrète sans savoir... On imagine sans peine ce que donnerait une vision détaillée de la chose... Certains s’acharnent néanmoins (croyant pouvoir enrayer le cours d’un destin qu’ils pensent maléficié) en scrutant profondément une ou plusieurs causes supposées. Ils ignorent ceux-là que la résultante des actes passés a, elle-même, une cause plus profonde : le manque d’évolution de la Conscience ! Là se trouve la grande cause (ou le grand manque). El il ne suffira pas, pour autant que ce soit possible, de trancher un lien négatif pour se recentrer : ça c’est un remède, mais ce qu’il faut, c’est un antidote. Et ce dernier ne s’obtient pas par effraction ... Il nous faut d’ailleurs ici rappeler cette grande Règle : tout est Grâce et Don d’un coté, mais du nôtre, rien ne peut être vol ! Il faut grandement se méfier de ce qui s’obtient par technique, et, surtout, s’examiner promptement pour savoir si on est en phase plus ou moins concrète avec la Loi d’Evolution de la Conscience ! Car au niveau de l’avancement spirituel, il n’est rien qui s’obtienne par l’illusion ou l’intrusion volontaire : la Nature ne donne que ce qu’elle veut, en fonction du karma et de notre progression. Et il n’est fourni qu’à peu de personnes de sonder leurs vies passées ou celles des autres. Car dans le premier cas il y a le risque de perdre sa liberté, et dans le second (si on parle) celui d’abuser inconsciemment les autres, et donc, d’aboutir à la même conséquence ... Cette dernière phrase peut d’ailleurs efficacement s’adapter à tout ce qui cerne les différentes méthodes de contact avec les « morts »... En effet, s’il y a des instants où la liberté risque, sinon d’être orientée, au pire d’être annihilée, c’est bien ici. Pour ne prendre que le cas du spiritisme, peut-être d’ailleurs serait-il bon d’apporter un éclairage différent de celui soutenu par ses utilisateurs...

Selon les tenants de cette doctrine, il serait possible d’entrer en contact, via un médium, avec l’âme (ou l’esprit ou le corps astral, selon les interprétations...) de désincarnés ou avec des êtres non humains susceptibles de nous faire évoluer. Mais c’est bien méconnaître certaines Lois que d’affirmer ceci ... En réalité, s’il est vrai qu’au moment du décès le corps subtil se dégage du physique, il ne l’est pas moins de préciser que l’Etincelle Divine Eternelle va Elle-même se séparer du corps astral qui ne lui est plus d’aucune utilité ... Et ceci est important, car cette Etincelle va donc commencer à rejeter d’Elle tout ce qui, dans ce corps subtil, n’a aucun rapport évolutif. Elle va en outre, et inversement, entraîner avec Elle tous les aspects correspondants trouvés au sein de ce même corps éthéré : toutes les énergies physiques du corps astral qui se trouvaient en harmonie avec Sa nature (le Vrai, le Beau) seront attirées vers Adi comme un aimant. Ce processus énergétique permettant la séparation des forces terrestres et célestes ne se fait d’ailleurs pas sans heurts... Heureusement, et à l’exception des mauvais qui déjà souffrent de leur manque d’amour, la majorité du genre humain n’a pas conscience véritable du déchaînement des puissances en action. C’est tant mieux car, comme l’écrivait fort justement Jean-Louis Siemons (« La Réincarnation : des preuves aux certitudes »), il est ici question d’une « lutte à mort », un combat suprême entre les deux pôles de la personnalité... C’est qu’il y a une énorme force psychique dans nos passions, nos désirs insatisfaits, notre attachement à la terre. De toutes les régions du Kama Loka des bouddhistes, la zone astrale où a lieu cette expérience purgatorielle est bien celle où les énergies du Désir se déchaînent de toutes leurs forces.

Finalement, après cette étape, le corps psychique est voué à la désagrégation. Vidé de toute conscience humaine, ce n’est plus qu’une enveloppe bourrée exclusivement d’énergies de désirs. Occultistes, Théurges, Kabbalistes l’appellent généralement coque astrale (les coques des êtres très mauvais, aux vibrations denses très fortes, mettent parfois des siècles à se décomposer ...). Privée de toute intelligence et de sens moral, elle conserve néanmoins, comme une bande magnétique ultra-perfectionnée, toutes les informations relatives à la personnalité défunte. Qu’un médium se mette en rapport avec pareille entité (en lui offrant parfois les services de sa propre constitution humaine) et il donnera l’illusion parfaite aux assistants d’être relié à l’esprit vivant d’un décédé ! Mémoire des faits, intonation de la voix, façon d’écrire, de dessiner, tics, habitudes, toute l’information est là : il suffit de l’activer ! Oui, mais pendant ce temps, Adi, l’être véritable, est ailleurs...

Petite parenthèse à ce sujet : il est évidemment avéré que certaines entités (plus ou moins nocives et surnommées généralement fantômes) résident en certains lieus ou demeures, mais l’identique conclusion qu’on puisse en tirer est qu’il s’agit souvent du corps éthérique d’un défunt qui se désagrège très lentement... Ce corps offrant une enveloppe à quelques esprits résidant sur ce même plan éthérique (donc relativement bas) qui pourront manifester leur présence. Notons, par extension, que les formes fantomatiques peuvent également être (inconsciemment) créées par les hommes avec l’appui des immenses forces psychiques découlant de la perte d’un être aimé... Quoi qu’il en soit, on est en mesure de comprendre qu’il y ait quelques abus de langage (ou ignorance) lorsqu’on prétend entrer en relation avec un trépassé... Allan Kardec, le pape du spiritisme moderne (de son vrai nom Léon Hippolyte Rivail. Prit ce pseudo par allusion au druide qu’il... incarnait dans une vie antérieure) a beau avoir écrit la Bible du mouvement (« Le Livre des Esprits »), il manque une chose aux spirites, primordiale : le discernement des esprits... Quand bien même des expérimentations sont régulièrement faites pour attester la véracité des êtres qui se présentent durant les séances (ce qui ne mène à rien tant le bluff est possible par certaines entités qui, elles, n’ignorent généralement pas les Lois qui prédominent « de l’autre coté »... Croyez bien qu’elles en abusent) ! Quant bien même fut reprise par Kardec et ses émules la phrase-clé de la Théosophie (« il n’y a pas de religion supérieure à la Vérité ») et que, selon eux, il n’y a pas de révélation qui puisse l’emporter sur l’autorité des faits, cela ne suffit vraiment pas quand on sait que, toujours, il est besoin d’un médium sur place pour apporter quelque crédit aux séances. Et il faut tout de même savoir qu’un médium, bien qu’il l’ignore souvent, est un malade ... malade d’une incontinence vitale, et s’épuisant à nourrir de sa substance fluidique (trop expansive et complaisante aux emprunts) une foule de larves parasitaires, qui grouillent et se multiplient dans son atmosphère astrale ... Comprendre cela, c’est également saisir que, une fois en transe, ce médium n’est plus qu’un jouet entre les mains de « forces » contraignantes et singeantes...

Il importe, en définitive, qu’on sache bien faire la différence entre ce fait qui veut que la vie se poursuive ailleurs (jusqu’au retour dans un corps), et cette erreur insistant sur la possibilité d’entrer en contact avec ceux qui s’en allèrent ! Mais c’est là tout le problème de l’apport de la Connaissance, de l’évolution de la Conscience et de l’ignorance humaine. C’est également tout le problème du Mal et de ses agents : qui cherchent à maintenir le grand nombre à un niveau de conscience embryonnaire ne permettant pas d’accéder à la profondeur des Lois Suprêmes. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi...

Pour en terminer avec ce sujet, je ne résiste pas au plaisir d’écrire cette belle phrase de Julien Green (dont la référence ne m’apparaît plus) et qui disait :

Les spirites sont les grands cambrioleurs de l’Invisible !
Le Royaume des Cieux peut certes être gagné par la violence, mais pas par effraction...


Cette violence dont il est question dans les propos de Green, on serait tenté de croire qu’elle gravite autour du physique : mais il n’en est évidemment rien. Dans le cas contraire, on déboucherait, à nouveau, sur une caricature d’évolution, voire une véritable déviation (les exemples ne manquent hélas plus dans ce monde, de personnes ou groupes cherchant à imposer, fut-ce par la force, leurs conceptions religieuses...). Il nous faut répéter que la confrontation s’effectue contre nos travers, nos insuffisances et toute la négativité que nous générons ! Il n’est pas besoin de se battre contre les autres : lutter contre soi est suffisamment difficile. Il n’est donc nullement nécessaire de briser la liberté d’autrui, de le brimer, de l’humilier en croyant (stupidement) grandir, pour avancer. Seuls les ignorants peuvent le supposer...

En réalité, la Loi est de récolter ce qu’on a semé à travers les âges quoi que ce soit ! Le Christ Lui-même le sous-entend lorsqu’il déclare certaines choses. A ce propos, puisqu’il semble qu’un grand nombre ait du mal à se départir d’une focalisation croissante sur des « détails », il nous semble adéquat d’éclairer brièvement la pensée de l’Oint au sujet de la réincarnation... Le Christ y croyait-il ? L’enseignait-Il ? En vérité les réponses peuvent être aussi affirmatives que négatives...

Peut-on d’ailleurs admettre un unique coté exotérique dans le Christianisme ? Chacun conviendra qu’on puisse également y voir l’inverse. D’autant plus qu’une distinction préalable doive se faire entre l’Enseignement du Crucifié et celui des « Colonnes » sur lesquelles se superpose la doctrine chrétienne : Pierre et (surtout) Paul ! Si la doctrine de ceux-ci repose effectivement sur une base exempte de secrets ou de confidentialités, il est assez délicat de placer la démarche du Christ dans le même registre. Celui-ci réserve par exemple à ses seuls disciples l’explication des Mystères qu’Il révèle à la foule sous le voile de paraboles ! De fait, Jésus surprend énormément par ses non-dit et, surtout, ses autrement-dit... Comme au sujet de « la fin des Temps », Il ne veut pas rentrer dans le jeu de ses interlocuteurs ou des multiples questionnants : Il suit Sa route et Son destin qu’Il a librement choisis. Et tout est relié à Ses Desseins : en priorité. C’est bien pourquoi Il ne S’attache pas outre mesure aux détails, mais à la priorité qui reste et restera toujours l’Amour ! C’est là, à partir de là, que tout peut se savoir, se comprendre, se vivre. L’homme qui aime d’abord saura, à un moment, ce que sont certaines vérités, certaines Règles, certaines Lois : fut-ce par intuition et jusqu'à certains degrés.

Peu importe donc, au niveau absolu, que l’on revienne ou non dans un corps : l’essentiel est de saisir qu’il y a urgence et qu’il faut aimer ! La venue du Christ dans le monde est la preuve la plus manifeste de cette urgence, et seul son Commandement est capital pour une approche compréhensive de tout le reste ... Pour autant, sachant au plus haut point ce qu’est l’homme, l’Oint ne refusa pas de fournir certaines clés à l’intention de tous ceux qui ont quelques difficultés à suivre ou accepter Son système d’enseignement. C’est pourquoi des pistes, concernant le Karma, apparaissent dans l’Ecriture. Le Christ ne semblant d’ailleurs pas S’opposer à cette doctrine puisque les Juifs, qui croyaient au retour de certains prophètes, ne sont pas blâmés par Lui à ce sujet (ils prenaient même le Christ pour Jean-Baptiste ou pour Elie, Jérémie ou l’un des autres prophètes). Certains attendant même le retour de Moise. Notons d’ailleurs qu’à l’invite des pharisiens qui l’interrogeaient, l’Oint affirme qu’Elie est déjà venu (que c’était Jean-Baptiste), mais qu’il n’a pas été reconnu... Extensivement, tout au long de l’Evangile, apparaît en filigrane l’ombre du Destin et le la Loi Immuable : l’homme paye sa dette jusqu’au dernier sou : il récolte ce qu’il a semé... Néanmoins, et pour nous répéter, ce qui compte vraiment est d’appliquer le Message du Christ ! Car c’est du Centre que tout se comprend : et l’Amour est le Centre, le Un, c’est-à-dire l’Harmonie. En dehors de cela, définitivement, tout est littérature...



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