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.......... l'Eglise ..........

La Loge Blanche, nous le vîmes, peut, à juste titre, être considérée comme une Eglise ! Invisible certes pour la plupart des hommes, mais néanmoins très proche du sensible, et s’y activant de différentes manières. Il reste que ses actions et ses approches ne sont pas, quant au fond, à dissocier de celles qui nous arrivent par le biais de l’Eglise exotérique (Chrétienne) ! A qui sait le voir, il apparaît en effet qu’au-delà de la forme, qui varie pour l’une ou l’autre, le substrat élévateur est d’un ordre unique et ne gravite qu’autour d’un seul mot, d’une seule priorité : l’amour. Je m’en voudrais donc de passer sous silence une erreur par trop commise : celle qui consiste à amalgamer les imperfections sécrétées par l’institution ecclésiale et les actes posés par les aimants qui la composent... Je sais parfaitement quelles abominations furent commises et avec quel malfaisant excès certains s’empressèrent de se débarrasser d’innombrables âmes, mais ce n’est pas parce qu’un capitaine de navire commet une faute qu’il faille automatiquement incriminer l’art de la navigation dans son ensemble ! Il m’apparaît donc opportun de s’en prendre à l’ignorance et à la vilenie issus du cœur de l’homme, voir à la dénaturation d’un Saint Enseignement, et ne pas mettre sur un même pied une Voie évolutive (toujours pure dans son essence!) avec les agissements de ceux qui s’en prétendent...

Qu’est-ce alors concrètement que l’Eglise ?

L’Eglise est tout autant l’exotérique et visible, que l’ésotérique (invisible), et l’ensemble des hommes (l’ensemble de tous les êtres même, de quelque Règne qu’ils soient !) qui attestent de ce sens de la vie qu’est l’amour ! Tous ceux qui sont amour sont l’Eglise : quel que soit leur cheminement personnel et leur nature... Quand bien même cette démarche est elle non-inféodée à un quelconque substrat spirituel, l’Esprit est présent ! Quand bien même ceux qui ne sont pas encore prêt à comprendre ferait-il preuve d’antithéisme et rejetterait verbalement et intimement tout ce qui manifeste la présence de cet Esprit, qu’Il ne cesserait pas d’être là si leurs actes sont compassionnels ! Partout où Se manifeste l’Esprit se trouve l’amour et se trouve l’Eglise...

Pourquoi, s’interrogeront peut-être certains ? Tout simplement parce que l’Esprit Divin est le Terme et la Perfection du Jaillissement de la Vie Divine : l’Amour... Son vocable même en est la meilleure attestation : Spiritus signifie ordinairement " Souffle, Vent ", et ces mots suggèrent sans nul doute l’idée d’une Motion, d’une Impulsion. Comme l’Amour... qui pousse irrésistiblement l’amant vers l’être aimé.
L’Esprit peut donc à juste titre porter l’appellation de Saint et de Sage : car la Perfection réside dans la Sainteté et la Sagesse. Mais la Sainteté n’existant pas en dehors de la Charité et de la Compassion (comme l’expliquèrent le Père (« Soyez Saint comme je suis Saint ») et le Fils (« Aimez-vous les uns les autres »), la Perfection réside finalement dans la Charité, l’Amour... Etant Sainteté, l’Esprit ne peut donc définitivement qu’être Amour... Comme le Dieu qu’Il est ! ("Dieu est Amour" I Jean 4 :8).

L’objectif de l’homme, tel que le révèle l’Esprit durant tous les âges, à travers temps et espace, et par le biais de nombreuses cultures, est (devrait être) cette Perfection, cette Charité... Et il n’y a que Lui, cet Esprit se trouvant en nous et auquel nous sommes bien plus reliés que nous ne pourrions le croire, qui nous pousse vers ce Recentrage Majeur, et nous fournit graduellement le sens du Christ : c’est-à-dire le sens de la Justice.

Cette Justice n’est évidemment pas la vertu morale du même nom, mais représente un état évolutif de l’homme : l’état des êtres justifiés aux yeux de Dieu. Or, il n’y a que les cœurs purs et saints qui le soient. Le mot Justice, tel qu’il apparaît dans les Ecritures, signifie donc Sainteté, Perfection, Sagesse. Quelques exemples :

« Le Seigneur écoutera la prière des Justes » (Proverbes XV, 29)

« Si votre Justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 5 :20)

« Mettez vos membres au service de la Justice pour produire votre sanctification (Romains 6 :19)


Certes, ceci est bien beau et peut s’assimiler, nous le vîmes, aux actions, aux faits, à l’Enseignement généré par le biais de l’Eglise ésotérique qui, selon certaines formes, cherche à mener le plus grand nombre à la Connaissance et au Couronnement. Mais qu’en est-il de l’Eglise exotérique ? Qu’en est-il de sa perfection, de ses actions, de son Enseignement ? Ont-ils une portée ou une vocation similaires à ceux de la Loge Blanche ? L’Esprit irrigue-t-il véritablement l’institution humaine?

Tout d’abord, tous devraient bien comprendre qu’il est difficilement réfutable que l’Eglise soit issue du vouloir Divin ! ! Certes, nous savons quelles sont ses colonnes, et nous n’ignorons pas davantage que c’est Paul qui la «codifia» originellement, mais sachant que les Forces Positives sont pour le plus grand nombre, il serait erroné de croire que l’Enseignement de Dieu n’était destiné qu’à un certain cadre, une certaine race, une certaine époque, un certain nombre, une certaine élite ! Le croire, c’est penser arbitrairement et ignorer, voire insulter même, l’Amour Divin cherchant à ramener l’ensemble dans Son giron... Dans le cas contraire, Il ne Se serait pas incarné! De fait, quel est le mode d’action de Dieu ? Posons les yeux sur Lui...

Par le Christ, nous Le voyons agir de deux façons : par contact sensible (physiquement concret) ou à distance... Les guérisons corporelles en attestent éminemment : à Bethsaide, Il impose deux fois les mains à l’aveugle après lui avoir mis de la salive sur les yeux (Marc 8 :23), idem à Jéricho (Matthieu 20 :34). Inversement, lorsque le centurion demande au Christ de guérir son serviteur qui est au loin, il est exaucé (Matthieu 8 :5).

Ailleurs, le contact s’établit à nouveau très concrètement lorsque la femme souffrant d’un flux de sang est guérie après avoir touché la houppe du vêtement de l’Oint (Luc 8 :44) ; par antithèse, le fils de l’Homme (à distance) délivre du démon la petite fille de la phénicienne (Marc 7 :29)...

Notons encore le contact sensible de Jésus touchant la civière qui emporte le jeune homme mort (Luc 7 :14), ou lorsqu’Il saisit la main de la petite fille de Jaire (Luc 8 :54), ou bien encore lorsqu’Il touche un lépreux en Galilée (Marc 1 :41). Dans un contraire éblouissant, remarquons Sa puissance à distance lorsque, sous les injonctions du fonctionnaire juif Le suppliant de descendre à Capharnaum où meurt son fils, le Verbe le renvoie rassuré : l’enfant est guéri (Jean 4 :46). N’oublions pas non plus les dix lépreux qui, en route vers les prêtres, sont soudain purifiés (Luc 17 :14).

Loin d’être exhaustifs, ces quelques exemples nous démontrent quelles furent en ce domaine (comme en bien d’autres) les attitudes du Christ : Sa Puissance s’exprimant par le biais de Sa propre personne physique ou à distance. Les rapports avec l’Eglise, nous le verrons bientôt, sont par la même assez limpides...
Avant de le noter, il faut néanmoins voir un peu plus avant et noter que le Juste, en plus d’insister sur le contact sensible, Se sert en outre d’instruments matériels disproportionnés pour opérer certaines œuvres : ainsi, Il met de la boue sur les yeux de l’aveugle de Siloé (Jean 9 :6). Qu’est-ce que cela signifie sinon que les éléments les plus simples, les plus insignifiants, peuvent aussi être des canaux par où passe la Grâce ? Que ceci fasse réfléchir certains au sujet des matériaux utilisés au travers des rites sacramentaux (d’inclusion ou de purification) serait une bonne chose...

Autre point. Il conviendrait également de se souvenir que les guérisons corporelles, aussi belles et nécessaires soient-elles, ne sont jamais que le symbole des spirituelles. Et ici aussi les deux actions précitées (par contact ou à distance) apparaissent visiblement . Ainsi, le Christ connaît (sans l’avoir vu) et impressionne pour le moins Nathanael en lui disant qu’Il l’a remarqué sous le figuier (Jean 1 :48). Pareillement, le Seigneur connaît-Il tous les vrais adorateurs en esprit et en vérité (Jean 4 :23) et toutes les brebis qui ne sont pas dans le bercail d’Israël (Jean 10 :16).

C’est pourtant sur tous ceux qui L’approchent que l’Oint agit avec davantage de réconfort :


«Venez à moi, vous tous qui ployez et peinez sous le fardeau : c’est moi qui vous soulagerai»
(Matthieu 11 :28)

Ceux-là aussi Il les désaltère :
« Si quelqu’un à soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive !»
(Jean 7 :37)

Il les touche au repentir :
«Et le Seigneur S’étant retourné regarda Pierre, et Pierre se ressouvint ... et étant sorti dehors, il pleura amèrement »
(Luc 22 :61)

Il les absout :
"Elle a oint de myrrhe mes pieds ; et c’est pourquoi je te le dis : ses nombreux péchés sont remis parce qu’elle a beaucoup aimé"
(Luc 7 :46)


Tout ceci Le guide, Le légitime donc surtout par Sa présence. Par extension, nous voyons qu’Il Se sert également de Sa parole pour élargir le champ de ce contact sanctificateur : Il purifie la femme adultère (Jean 7 :2) ; Il ôte les péchés du paralytique (Marc 2 :5) : Il chasse l’esprit impur de la synagogue de Capharnaum (Marc 1 :25) et chez les Géraséniens (5.8).

Les deux façons d’agir du Christ, sensible ou éloignées, et intégrées dans une sphère de guérisons corporelles et spirituelles, nous démontrent donc en définitive que, tout en étant parfaite à distance, l’action par contact communique tout de même un effet bien plus conséquent et profond à ceux qu’elle touche ! A travers la connaissance que nous avons de la vie de l’Oint (qui parcourut inlassablement la Galilée, la Samarie, la Judée), nous ne pouvons que nous rendre compte qu’Il attire par là notre attention, et, tout en étant conscient que la démarche du Juste est également légitimée par la promulgation du Bon Message, ces épisodes nous font néanmoins aussi saisir que notre nature blessée a très souvent besoin d’un choc sensible pour se ressaisir : elle le fera donc d’autant plus vite si l’événement est subordonné à un contact co-naturel !

Avant de quitter ce monde dense, le Christ, à moins d’être inconséquent, voulut donc qu’il y eut parmi l'humanité, un groupe d’hommes à travers lequel passent Sa Vérité et Sa Grâce, celles-ci nous arrivant donc à la manière qu’Il a Lui-même concrètement exprimée : de façon co-naturelle, c’est-à-dire directe ( en liaison totale avec notre condition matérielle et physique ) ! De fait, s’Il a démontré en personne l’importance et l’intensité du contact sensible, ce ne pouvait être pour le dénigrer ensuite... Il FAUT donc que les rapports « palpables », corporels, restent d’actualité. Et l’Eglise exotérique est ce rapport, ce lien relationnel, cet axe par où nous arrivent certaines vérités et un pouvoir sacramentel ! Et il n’y a aucune contradiction avec la Loge Blanche qui, composé d’êtres divins et de Maîtres, travaille sur d’autres Plans, « à distance », avec d’autres moyens d’actions et pour des hommes plus sensibles aux vérités supérieures par ce biais...

Ainsi donc, le Christ attachant grand crédit à la proximité, du fait de son départ, ne pouvait faire autrement que de montrer les prémices d’une hiérarchie visible qui, étant placée en notre sein, pourra Lui servir d’instrument pour entrer en contact avec nous de manière co-naturelle. Afin d’insister sur la chose, qu’il me soit permis de porter à votre mémoire que c’est bien Lui qui envoya les douze apôtres en Galilée pour les préparer à leur mission (Luc 9 :1) ; puis les soixante-douze disciples en Judée (Luc 10 :1) - il y a d’ailleurs ici un rapport à faire avec les 72 génies de la Kabbale - et enfin les onze qui se doivent d’enseigner toutes les nations (Matthieu 28 :20) ! Et l’Oint n’a-t-Il pas également fait baptiser ceux qui venaient à Lui (Jean 3 :22 et 4 :2) ? Et n’a-t-Il pas voulu qu’on baptisât après Lui toutes les nations (Matthieu 28 :18) ? A qui serait bien destinée cette œuvre si ce n’est à ceux qu’Il instituât pour ce faire ?

On ne peut donc qu’en conclure que la proximité avec l’homme est pour le Verbe un impérieux désir (Son Incarnation en fut le type le plus affirmatif), de même que ce contact était souhaité se poursuivre et s’établir tout aussi concrètement par le biais de l’Eglise, et surtout de ces sources vivifiantes que sont les sacrements : canaux privilégiés de la Grâce... Privilégiés mais non pas exclusifs ! Car ce n’est là, il nous faut le répéter, qu’une influence du Christ : celle qui se manifeste par le contact sensible. Deux autres formes d’influence existent :

-La première est issue des Energies Positives provenant de tous les êtres travaillant, selon leur nature, pour l’Evolution de la Conscience et dont la Loge Blanche est le pendant supérieur sur ce globe.

-La seconde, la Lumière sise en tout être (surnommée Grâce, Feux Divin, Lumière, Saint-Esprit, Adi, etc.) ne court-circuite pas plus la première qu’elle n’entrave les formes d’actions de la hiérarchie visible : on peut même dire qu’Elle complète l’un et l’autre... Elle se fait sentir dans chaque conscience humaine et, selon le karma propre à chacun, oriente là où pourront être portés le plus de fruits. Elle fait même davantage, car là où l’influence visible et sensible n’est pas assez manifeste, Elle y supplée et y remédie dans une certaine mesure... Nous sommes ici en présence de ce que l’apôtre appelait la Loi Naturelle : à savoir que chacun peut, même en dehors de la Grâce (consciente) issue de l’Eglise visible et hors de tout cadre spirituel, vivre selon certaines valeurs méritoires... L’Esprit souffle en tous et chacun a liberté de lui répondre comme il veut...

Existent donc en définitive trois formes d’Eglises ( qui ne font qu’une ). Elles ont leur sens propre, et, sur le fond, tendent à l’amélioration du genre humain : à savoir la transfiguration et l’évolution.

A l’instar du Christ qui unissait le Divin et l’humain ici encore, à tous niveaux, il y a union du céleste au terrestre (et inversement). Mais il reste, et je sais que certains ont du mal à l’admettre, que la nécessité (pour l'Occident surtout) est d’abord la visibilité physique de ce Corps qu’est l’Eglise ! Comment en effet, pour la majorité des hommes (méconnaissants et imparfaits) la vision et la connaissance auraient-elles pu se focaliser sur l’invisible ? La chape d’ignorance et d’erreurs qui recouvre le monde nécessite que les sens physiques soient principalement et justement orientés avant toute autre transformation. Toute référence doit donc, fut-ce implicitement, être ramenée à l’Eglise visible (même avec ses incroyables erreurs) : sans elle, en effet, peu pourraient accéder à une claire connaissance de l’invisible !

Tout ceci ne veut évidemment pas signifier qu’on ne puisse se « passer » de l’institution visible : un très grand nombre d’hommes le font et cela ne les empêche nullement d’aimer jusqu'à certains degrés. Néanmoins, l’objectif de cette page est de montrer l’œuvre Christique sous son angle global, c’est pourquoi il importe de ne pas séparer ce qui se voit de ce qui se capte intuitivement...

Je sais pertinemment que cet aspect des choses choque les tenants de « l’orthodoxie » ésotérique, mais c’est parce qu’ils refusent de saisir que l’important n’est pas de voir comment tout un chacun reflète autour de lui le Message : l’important est de voir comment soi-même, personnellement , nous y répondons ! Juger les autres, c’est se juger soi-même. Automatiquement. Ce que le Christ demande, c’est un changement progressif du cœur, pas de Lui montrer que d’autres ont des difficultés à le faire, et, surtout pas, de se couper d’eux en les méprisant... Car agir ainsi, c’est rejoindre même ceux qu’on dénigre, et c’est attester cette erreur qui prétend qu’en dehors de soi point de salut... Mais l’Incarnation de l’Oint manifeste que l’élitisme ne doit plus avoir cours : l’Humanité doit apprendre à ne faire qu’un avec ses différences. Qu’elle pose les yeux sur Celui qui jamais n’en fit...

Une autre distinction entre l’Eglise visible et invisible doit encore être signalée. Il n’est pas interdit en effet d’affirmer que la première se signale par une activité militante, temporelle, physique et pas encore triomphante, au contraire de la seconde qui a certes un rôle parallèle mais supérieur dans ses fonctions et ses actions. Cette dernière est l’Eglise victorieuse, l’Eglise sans tache, celle dont Jean (l’apôtre au plus près du Christ et donc la Connaissance du Verbe fut totale...) pouvait écrire :

« Quiconque est né de Dieu ne commet point le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ... »
(I Jean 3 :9)


Il n’en est pas de même, nous ne le savons que trop, de l’Eglise temporelle. Mais que nous importe à nouveau ? Nous savons ce monde et ceux qui le composent en devenir : nous sommes imparfaits mais PAS mauvais ! Nous portons en nous Lumière et ténèbres, et, à moins de le refuser consciemment et très stupidement, nous aurons toujours le choix. C’est d’ailleurs celui-ci, pour ceux qui ne peuvent s’empêcher de porter jugement, qui est toujours susceptible de mouvoir plus exactement nos orientations intellectuelles et qui peut nous permettre de comprendre que si l’on veut tenir l’Eglise visible pour responsable des néfastes actions des uns, alors, objectivement, on doit aussi la rendre responsable des charitables actions des autres ! ! ! Hélas, on s’en tient trop à la noirceur et à la stupidité qui, trop souvent, s’exhala depuis son sein. C’est compréhensible néanmoins : on ne saurait dénombrer le nombre de victimes que génèrent ses différents appels (voilés ou non) au meurtre de ceux qui entravaient d’une façon ou d’une autre son pouvoir... En tant que théurge, je suis parfaitement conscient des difficultés que l’Eglise érigea autour de cet Art Sacré ! Mais, à qui sait le voir, il apparaîtra avec force que l’aura de l’institution diminua surtout lorsque, sous l’effet de forces positives, le Savoir sous toutes ses formes fut mis à la disposition des hommes et de leur liberté... Ce n’est pas pour rien que l’Eglise empêcha la masse d’avoir accès aux livres. Et ce durant très longtemps. Ce n’est que lorsque l’ignorance fut progressivement bannie (sous ses formes les plus essentielles) que sa force s’effrita. Le rôle de l’Eglise invincible et prééminente n’a pas, à ce sujet, à être souligné...

Pour comprendre davantage le pourquoi d’un tel satanisme (le mot n’est pas trop fort) au long de certaines époques, et sans plus insister sur les tactiques des Déchus cernant au plus près toute forme de Lumière, il n’est difficile pour personne de comprendre, en définitive, que l’essence de l’Eglise militante, malgré même les énormités préconisées par ceux qui furent à sa tête, n’en reste pas moins pure ! Car elle est basée sur le Commandement Christique. Quand bien même un pape insisterait sur la nécessité de combattre et d’anéantir qui que ce soit, c’est lui, lui seul et ceux qui lui obéiraient, qui seraient blâmables. Pas l’Eglise en tant que telle. Car le Précepte est celui-ci, quoi qu’on en pense et bien qu’on puisse le détourner à son profit : aimez-vous les uns les autres... Ceci, jamais, ne saurait être souillé par quoi que ce soit : même par un satanisme !

C’est l’homme et lui seul, définitivement, qu’il soit un chef ou un exécutant, qui transgresse ou accomplit cette Recommandation Divine. Celui qui l’édicta le fit en sachant d’ailleurs très bien qu’elle s’insinuerait au sein de l’humaine liberté et que donc, fatalement, elle serait utilisée autant pour porter des fruits que pour détruire... Pourtant, il nous faut ici le répéter, quiconque détourne ce Principe évolutif, bien qu’il puisse faire partie de l’Eglise, voire être à sa tête, n’est point l’Eglise !

Composée de justes et de moins justes, l’Eglise militante n’en reste donc pas moins totalement immaculée dans sa structure originelle et surnaturelle : seule sa stature physique de corps organique peut générer, par effet libertaire et personnel, des contre-indications abominables. Mais celles-ci n’ont leur source qu’au sein d’individualités, et non, tout homme objectif le remarquera, à partir du Message !

Tant qu’elle contient des membres imparfaits, l’institution contient également du mal, et peut, par ceux-ci, faire le mal: elle n’a néanmoins aucun part essentielle avec le mal ! Alors même qu’un pasteur peut se leurrer et nous tromper, nous avons tous la faculté de ne pas le suivre dans ses délires pour autant que nous restions centrés sur l’Idée-Force du Christ. Si un pape ou quelque évêque professe l’annihilation de ce qu’ils appellent hérétiques ou infidèles, libre aux gens stupides, frustrés ou sadiques d’appuyer ce type de message par l’action. Libre à d’autres de le désapprouver...

Certes, je conçois parfaitement qu’il fut un temps où ce choix (à cause de l’ignorance générale) n’était pas aussi aisé, néanmoins chaque être a toujours assez de lumière en lui pour savoir instinctivement si ce qu’il accomplit est un acte de bonté ou de barbarie, et ce même si ce dernier mot n’a plus le même sens aujourd’hui qu’antérieurement.

A nouveau, il nous faut poser cette question : est-il vraiment étonnant que l’erreur soit distillée par certains membres de l’Eglise ? Celle-ci n’est-elle pas constituée d’hommes libres qui (quels que soient l’institution, le groupe, la société) sont sujets aux fautes plus ou moins abominables ? Voilà bien à nouveau le risque de l’Amour : la liberté ! On peut le déplorer mais il faudrait alors aller jusqu’au bout de son raisonnement : veut-on d’un Dieu vengeur qui annihile tout homme sujet à la maladresse, au méfait ou à la rébellion ? N’a-t-on pas engendré assez de dictateurs qu’on en veuille un suprême ? La liberté implique nécessairement le risque ! Certes, certains le comprennent, mais ajoutent aussitôt que c’est peut-être les religions ou les Eglises qu’il faudrait détruire... Pourtant, s’il est vrai que la religion est souvent prise comme pouvoir et comme application du pouvoir, s’il est exact par ailleurs qu’elle est un formidable outil de manipulation, il ne servirait à rien de l’annihiler pour enrayer fanatisme, paranoïa ou élitisme. Car c’est du dedans de l’homme que viennent ses mauvaises pensées ! C’est son cœur qui doit changer : en parallèle de sa connaissance des Principes Divins... Qu’il y ait ou non des religions ne change rien à la nature humaine ! Et c’est celle-ci qui doit se diviniser progressivement. Sachant par ailleurs qu’on ne peut y parvenir qu’en alliant amour et connaissance, il serait donc illusoire et insensé de priver nombre d’êtres d’un Enseignement qui, même s’il peut être détourné, n’en reste pas moins évolutif au niveau de leur compréhension des choses. Insistons sur ce point : ce n’est pas en ajoutant le chaos au chaos qu’on obtient l’harmonie, mais c’est en voyant et en comprenant ce qui génère la dysharmonie qu’on peut progressivement y remédier...

Au long des siècles, l’Eglise s’est donc souvent trompée. Elle le fait encore aujourd’hui. Et alors ? Quelqu’un s’est-Il jamais attendu à ce qu’elle ne génère aucune erreur : de comportement, de dires, d’actions ? Qui d’entre nous ne s’est d’ailleurs jamais trompé ? Mais est-ce que cela nous empêche d’aimer ? Aucunement ! Néanmoins, si qui que ce soit ne trouve aucun rapport satisfaisant dans le fait d’appartenir à l’Eglise visible, il peut désormais aisément la « quitter » : il y a belle lurette que les bûchers sont éteints. Qu’il sache néanmoins que, quel que soit la route vers le haut qu’il choisisse, elle reviendra inévitablement au Divin Précepte de l’Oint ! Et il comprendra alors, plus intensément, le rôle nécessaire de l’Eglise d’ici-bas ! Elle est comme un voile indispensable cachant de sublimes vérités : c’est comme une petite flamme dans le Brasier... Et nombre d’âmes qui en firent partie agissent toujours depuis l’Eglise invisible : ceci atteste on ne peut mieux que l’essence qui la compose, malgré les multiples erreurs durant les siècles, ne s’altérera jamais !

Un temps vient où nombreux seront ceux qui saisiront que l’Esprit, irriguant de Sa Splendeur tous les cœurs et Se dévoilant à ceux qui L’appellent, Se sert même de la plus petite parcelle d’humanité qu’Il puisse trouver pour la faire grandir et la recentrer. Beaucoup comprendront alors concrètement qu’il était futile d’épiloguer sans fin sur les erreurs de l’institution ecclésiale puisque, de toute façon, l’Esprit Divin (âme de l’Eglise en son entier) distille toujours, où qu’on se trouve, qui que l'on soit, assez de Lumière pour saisir les importances nécessaires à l’évolution de chacun...

l’une est blessée, l’autre victorieuse
toutes deux sont Sacrifice
maturation et Maturité : deux faces d’une même médaille
l’une est visible, chancelante et chaotique
l’autre est subtile, reliée-reliante, harmonieuse
l’une existe, l’autre vit déjà
Mais chacune porte au Monde cette Beauté issue de Tiphéreth
Lien entre Dieu et les hommes,
Prêtre parfait
Homme Achevé
Dieu véritable...

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