Sens du Sacrifice

Pour différentes raisons, dont une d’entre elles n’est pas moindre car liée à la patente inversion des valeurs dont notre époque se régale, la notion de sacrifice est purement et simplement rejetée ou, au mieux, galvaudée, méprisée ou réorientée vers des objectifs ayant peu de liens avec quelque aspect réellement solidaire…

Depuis des lustres on assiste à l’émergence d’attitudes et de situations qui, par rapport à l’Absolu auquel est destiné le genre humain, ne sont que facéties et magnifient le concept sacrificatoire tantôt dans une orientation exclusive et égocentrique, tantôt axé sur une dimension prenant certes en compte la généralité mais toutefois exempte de toute disposition spirituelle évolutive.

Beaucoup sont dès lors amenés à s’offrir pour leur travail, leur patrie, leur communauté, leur religion, leurs notions sociétales, leur race, leurs opinions diverses, leur culture, mais bien peu sont-ils, hélas, à être capables de se livrer (en connaissance) pour un Bien d’un autre type surplombant, et de beaucoup, les bienfaits supposés que l’on espère trouver dans et pour cette unique densité…

Pire encore : quand bien même d’aucuns parviennent à s’extirper de la matrice mondaine, conceptuelle et mentale, qu’ils en restent à croire qu’il est toujours inconvenant, futile, dérisoire de se sacrifier (pour soi et autrui) ! C’est dire à quel point le voile est épais dans une conscience ignorant ce qui fonde la Loi universelle… Car que manifeste cette dite Loi ? Pour le saisir, et l’acceptation intellectuelle du sujet est à la portée de tous, il n’est besoin que de porter le regard vers nos grands Aînés !

Pourrait-on penser que le Christ (quelle que soit l’opinion que chacun porte sur Sa Nature) ne démontra pas durant son périple terrestre que le Sacrifice fit partie intégrante de Son Oeuvre et de Son Etre ? Qui oserait l’affirmer ? Qui aurait le culot de prétendre que Sa Venue dans cette vallée de larmes, pour Lui qui n’y était pas obligé, n’équivaut pas à une Oblation librement consentie ? Et si donc Celui qui est au plus Haut concède à descendre au plus bas, la raison est-elle à chercher dans un plaisir morbide ou masochiste ? Ne serait-ce pas plus précisément sous l’effet d’une Volonté amoureuse (et donc partageuse) qui ne se résout pas à la stagnation (voire l’involution) du grand nombre et qui, en conséquence, PROUVE l’utilité et la nécessité de Se donner pour tous ?

Posons maintenant les yeux sur d’autres personnes (les Adeptes) : lesquels, à travers temps et espace, travaillent (toute proportion gardée) d’identiques manières (en fonction aussi des demandes providentielles) transmettant au Monde de multiples rappels quant aux Normes éternelles (car vivifiantes) que l’Humanité se doit d’accepter afin de franchir la Porte d’Or…

Chacun de ces personnages, même si c’est à degrés moindres par rapport au Christ, ratifie une réalité : par soucis des autres (de nous) ils quittent un état structurel que l’on peut aisément qualifier d’harmonieux, et ce pour se mêler à la fange mentale que les hommes mettent tant de zèle à ériger sur leur Sphère … Qualifiera-t-on cette réalité de « banale », « d’ordinaire » ? Les termes de « renoncement volontaire », et donc de sacrifice, ne sont-il pas également appropriés ?

En écrivant ces lignes, je pense à celui qui porta un bref instant d’éternité le nom de Franz Bardon… Car c’est en effet au moment même où il subissait la torture physique que lui fut demandé de transcrire et de partager les trois premiers Degrés de l’Enseignement pratique autorisant, pour qui s’en servira avec un coeur pur et désintéressé, la cohésion élémentale et, à terme, la capacité de découvrir ce qu’est notre véritable Conscience… L’Initié a-t-il refusé ? Et ce faisant, alors qu’il endurait la souffrance la plus terrible, cela ne le fait-il pas entrer dans la dimension du sacrifice et de l’abandon confiant ?

En réalité, et à l’exception du Christ, TOUS les Adeptes, les Guides, les Sages, les Maîtres furent comme nous au départ: de simples hommes et femmes cherchant la Lumière ! Cependant, ils comprirent que l’immolation personnelle, l’offrande (bref le sacrifice) sont OBLIGATOIRES pour qui veut s’élever, grandir, se transfigurer ! Il n’est pas un seul homme qui puisse s’exalter sans qu’il ne cerne avec constance et abnégation ce qui, en lui, nuit à son Édification ! C’est d’ailleurs là le premier stade d’une authentique Avancée : sacrifier en soi ce qui est instable, infécond, temporel, faux et tortueux.

Cette première étape s’assimile en vérité à une maîtrise ! On accepte certes de sacrifier passions, pulsions, basses émotions, réflexes mais pareillement, puisqu’on ne peut détruire ce qui fait partie de notre nature, on les maîtrise avec progressivité… En conséquence, il ne s’agit pas seulement de dire « non », mais surtout de réaliser et d’acter ce qu’est le « oui » : celui-ci n’annihilant pas ce qui est inscrit dans notre nature (de manière karmique) mais l’élevant, la guidant, la transfigurant…

Se réaliser, il faut ici le répéter, c’est abandonner la facilité pour l’âpreté du Sentier évolutif. Le sacrifice est dès lors totalement nécessaire car il donne sens et autorise, à terme, la Quintessence : c’est-à-dire l’Union de notre nature à la Flamme éternelle en notre sein…

Le sacrifice est également inéluctable car nos ennemis réels (notre structure imparfaite, notre subconscient, les forces du Monde, les tentations des déchus) obligent à un combat sans pareil qui nous porte à faire continuellement des choix : et il n’est pas de choix essentiels qui n’incluent des sacrifices…

Comme écrit ci-dessus, toutes les grandes âmes passèrent également par ces choix : leurs exemples sont une attestation de ce que vous venez de lire. Comment en effet se vaincre et vaincre ce qui se doit sur cette Terre sans abandonner (maîtriser, contrôler, illuminer) son être inférieur afin de se relier au Supérieur ?

Ce qui est sacrifiable ne va donc pas à l’encontre de l’amour de soi puisque, justement, si on s’aime vraiment on fera le maximum (Vouloir, Savoir, Oser, Se taire) pour refléter au mieux le véritable Amour : celui-ci se situant bien au-delà de nos friables forces naturelles et humaines !

De fait, n’est-il pas préconisé de « tuer le vieil homme » (donc en conscience) pour qu’apparaisse le Nouveau ? Comment la chose serait-elle possible sans sacrifice ?

Celui qui saisit et atteste tout ceci comprendra également, sans grande difficulté, pourquoi le don de soi va de pair (et se poursuit) avec celui vers autrui ! Le Flux divin ne s’arrête effectivement JAMAIS à notre propre personne : la Loi d’Amour (qui est extension et exponentialité) se résout certes au-dedans mais DOIT se manifester tout autant au-dehors… Les sacrifices faits pour soi devant se répéter, selon nos différentes capacités, pour l’ensemble des hommes ! Telle est la Loi.

Les moyens, pour autant qu’ils ne nuisent à personne et cherchent à élever chacun, importent peu : l’action par contre est essentielle. A nouveau, il suffit de poser les yeux de l’Esprit sur nos glorieux Prédécesseurs…

Harmonie
Thot Theurge
http://www.theurgie.com

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