L’impermanence du mal et son lien avec l’ignorance

Cerner le Mystère de l’involution métaphysique pourrait paraître curieux ou singulier, pourtant il n’en est rien : l’antithèse analytique qui en résultera autorisant, ensuite, une adéquate focalisation sur des Règles, des Lois, des Normes que l’Humanité, pour diverses raisons, ne cesse encore et toujours de nier, d’éconduire ou de mépriser.

Il serait certes simple d’estimer que pour tout individu raisonnable, même à notre niveau de densité, le mal peut naturellement s’inscrire dans un cadre parfaitement circonscrit, c’est-à-dire ne porter atteinte à personne : ni physiquement, ni psychiquement, ni mentalement… Toutefois, pour peu que soit élargie l’exploration du sujet, cette conviction s’altère rapidement. En effet, à l’instar de la notion de bonheur (sujette à la subjectivité la plus absolue), la perception d’une négativité est elle aussi hautement fluctuante et dépendante, nous le verrons, d’une maturité spirituelle qui dépasse de très loin les normes intellectuelles les plus répandues… Car, pour aller plus loin, on aurait quelque écueil à dissocier les différents échelons de la Nuisance : cette dernière s’exprimant, par le fait même de sa diffusion au travers des consciences, partout où existent des entités pensantes. Autrement dit : au niveau cosmique, systémique, planétaire, de même que sur les Plans physico-éthérique, astral, et une partie du mental. Bref, pour en revenir à nous, là où s’embourbent (et se font berner) les hommes jusqu’à ce que l’Étincelle première déployée en leur sein ne soit parfaitement appréhendée…

Penseurs, philosophes, religieux, théologiens, ésotéristes, à travers temps et espace, sondèrent avec application ce domaine, chacun y allant de ses théories. Nombre d’entre eux cependant, insensibles qu’ils furent à la Connaissance de diverses et salutaires Prescriptions métaphysiques, ne purent s’extraire d’un environnement précis puisant à des bases erronées… Dès lors, si les fondements d’un raisonnement ne tiennent pas compte (par ignorance surtout) de flagrantes données, d’autant plus si celles-ci appartiennent à un Plan subtil, il est inévitable que les conclusions finales ne peuvent qu’être incorrectes.

En conséquence, nul ne saurait concevoir exactement ce qu’est le mal (sous tous ses modèles) s’il ne le rattache pas, en miroir, au Bien. Et pour cela il me semble à nouveau inévitable de s’élancer depuis la Source : à savoir la Création Originelle, la Manifestation Première, l’Émanation Primordiale…

Point essentiel à saisir : l’Univers est MENTAL ! Ceci sera difficilement compris par une personnalité fortement engluée dans la seule matérialité, reste que cela n’ôtera rien à cette vérité… De fait, si pour la science cartésienne l’Univers est énergie, une extension est apportée par les hermétistes : cette Énergie n’est rien moins que l’Esprit du Tout ! Et à partir de cette conviction d’aucuns (d’autres) perçoivent avec une certaine exactitude ce que désigne la chose… Cela signifie que le Déploiement Initial[1] indique le Sceau d’une Entité Sublime qui visibilise, fut-ce en partie, Sa Volonté, Sa Puissance, Ses Qualités, Ses Attributs, Son Désir, les Éléments dans leur composition la plus pure : soit Son Etre et Son Nom !

Tout ce qui existe porte l’empreinte de cette grandiose Pensée Initiale qui éclate et Se montre au travers du créé ! C’est pourquoi la Tradition Hermétique atteste que, avant toute chose, l’Univers est effectivement mental : il est la projection admirable d’une Ordonnance juste et équilibrée (l’Harmonie), et si cette dernière s’avère telle c’est pour l’unique raison que Celui qui la démontre est identique ! Mais, plus encore, c’est également l’attestation d’un Souhait : un Appel qui, au travers de Décrets mélodieux, ajustés, cohérents, incite toutes les formes conscientes à comprendre, savoir, oser et à manifester, à leur degré de densité, une identique cohésion entre le Tout et envers tous…

Tout ceci est aussi logique que cohérent : rien ne se crée qui ne soit d’abord imaginé ! A titre d’exemple, nous-mêmes, frêles images de l’Éternité, ne démontrons assurément nos objectifs que par l’action, reste que nul n’oeuvre sans que ne soit, avant tout, sollicitée l’activité mentale… Avant d’instaurer quoi que ce soit nous le concevons en priorité dans notre for intérieur ! Et s’il est réellement véridique qu’il en est en-bas comme En-Haut, il est par conséquent exact de spécifier que l’Attitude Divine, ainsi qu’il fut écrit, et similaire quant au mode de production vers l’extérieur.

Bien qu’il soit indubitable que l’ensemble de nos codes diffère par rapport à ceux de l’Énergie-Une (le contraire serait étonnant), des similitudes quant à la génération existent toutefois. Non pas au niveau biologique, mais surtout à l’échelon métaphysique… Ce qui ne se peut néanmoins qu’en vertu de l’Union du « Pourquoi » et du « Comment » ! Le Savoir s’avère donc absolument primordial pour qui veut s’immerger dans le Flux ascendant qui constelle les Univers depuis l’Origine : et  davantage encore s’il veut participer activement et en plénitude à ce Mouvement !

De fait, c’est exactement à ce noble Développement des consciences (raison d’être de toute la Manifestation) que nous invite l’Individualité-Principe : à savoir équilibrer en nous, progressivement, à notre niveau, ce qui se doit. Cette réalité permettant à notre nature de s’élever et de quitter le champ des illusions de tout ordre : illusions générées par diverses désordres intérieurs. J’y reviens ci-dessous.

Tel est donc, au degré métaphysique (et celui-ci surplombe tous les autres) le Bien Absolu : connaître les Lois Divines, les appliquer, en vivre, les partager. La chose nécessite toutefois un ennoblissement de la structure humaine et une Union au Brasier qui gît en notre sein : Trinité représentée par Atma-Buddhi-Manas patientant jusqu’à ce que notre liberté, sainement (ré)orientée, autorise l’Union… Quant à ce qu’on nomme le mal, il résulte en conséquence d’un déséquilibre structurel[2] ne cessant de pousser l’humain à la périphérie, dans la séparativité, la stagnation voire l’involution…

Tout ceci est authentique et logique car si l’Etre sans cause, nullement obligé par quoi que ce soit, Se démontre cependant afin de faire participer de Lui tout ce qui existera, alors on ne saurait nier que cet Objectif est réellement le Sens-même de l’Émanation ! A ce titre, et on ne s’en étonnera pas davantage, toutes choses (Prescriptions, Règles, Normes) furent distillées dans l’optique de cette Conformité future avec l’Un !

On fera peut-être valoir, au vu de notre condition matérielle, que la Nature, de par son apparente cruauté, ne cadre pas avec l’opinion d’un périple résolument ascensionnel et positif : la souffrance et la mort étant là pour en attester… Cela peut paraître vrai, mais UNIQUEMENT si l’on considère ces contraintes comme des finitudes ! La Nature, dans tous ses aspects, ne se limite nullement à la biologie, aux sens ou à la densité. En outre, pouvant être considérée comme une extension de la Vérité créatrice au sein de laquelle elle se trouve, la Nature est donc enfant de cette dite Vérité : en vertu de quoi les deux Polarités (Électrique et Magnétique) sont diffusées à travers ses Règnes (minéral, végétal, animal, humain) qu’elle mène (par d’adéquats Protocoles) à l’Édification par le biais de forces constructrices et destructrices…

D’aucuns douteront de cette réalité, il est vrai : comment la destruction peut-elle mener à la Réalisation ? Mais c’est là raisonnement qui, une fois encore, considère l’absence de sensations sensorielles comme la fin ultime. Reste qu’à la mort corporelle toutes les énergies ne disparaissent pas totalement, surtout celles liées à la Conscience véritable ! Rien ne meurt : tout se transforme…

Malgré leur inévitable décomposition hivernale, sensiblement évidente pour chacun qui l’observe, les végétaux s’en reviennent néanmoins au printemps : plus fort et plus beaux que jamais. Pareillement pour l’homme dont l’importance est totalement supérieure… La mort physiologique, bien que partout présente, n’est par conséquent qu’une étape de la véritable Vie qui, Elle, parce que Souffle de l’Etre Unique, est éternelle !

Par effet contraire, ce n’est nullement assez de se savoir respirer pour certifier d’une existence au-delà de la forme ! Pour ce faire, en effet, il faut S’IMMERGER dans le Flux Divin de l’Existence consciente, qui est Souveraineté et Royauté totales : en La connaissant (au travers de Ses Directives), en L’acceptant, en S’y unissant au point de DEVENIR ce qu’Elle Est ! Le nier, le refuser, se rebeller : voilà ce qu’est le mal sous toutes ses formes puisqu’en se retirant du Centre Bienfaisant, fut-ce par ignorance et de façon passive, la noyade dans les multiples hallucinations périphériques est totalement inéluctable tant qu’on ne comprendra pas (et qu’on n’acceptera pas) que, par la discipline, la Connaissance, la Grâce, ce qui est disharmonie en nous (cette dernière engendrant des souffrances sans nombre à maints échelons) peut progressivement se modifier …

A travers tout ceci, chacun saisira avec acuité pourquoi l’Ordre universel, fut-ce au niveau matériel et malgré de flagrants dynamismes énergétiques apparemment contradictoires, produisit pourtant une Harmonie tellement stupéfiante qu’elle finit par générer profusion de vies et consciences… Ce simple exemple révèle on ne peut mieux que le Sentier de la Cohésion est foncièrement essentiel : il le fut dès le Départ, il l’est sur la Route, et il mène à une Finalité qui n’est autre que la participation à la Vie majestueuse de l’unique Source dispensatrice ! L’Alpha se résout dans l’Oméga…

Dès lors, la Perfection personnelle et générale est de connaître cette Voie de l’Homogénéité (avec le Tout et avec tous), d’y participer, d’en vivre et de la partager. Le mal consiste à l’ignorer[3] ou à oeuvrer délibérément dans une optique d’existence neutre ou (plus rare) foncièrement inversée…

On s’en aperçoit donc, la Négativité n’a aucune essence métaphysique : il s’agit d’une « simple » rupture dans le Continuum Primordial[4], un accro non dans les Règles prévalant dans l’Univers (Dieu ne fait évidemment pas d’impair), mais dans L’INTERPRÉTATION et donc l’inévitable MAUVAISE  UTILISATION qu’en font les formes pensantes ! C’est effectivement à partir de celles-ci (et PAR celles-ci) que peuvent se répandre tous les contresens, les inexactitudes ou autres fourvoiements.

Nous sommes donc assurément éloignés de convictions (qui se retrouvent même quelquefois au sein de certains cercles ésotériques) spécifiant que la Cause sans cause mêla le Bien au mal dès l’Origine. De fait, on entend souvent dire que si la Divinité créa absolument toutes choses, la Nuisance devait y être nécessairement inclus… Ce fondement est erroné, ou du moins doit être compris justement en n’oubliant pas la relativité des choses et la maturité des individus ! En vérité, comme nous le vîmes, la Route fut balisée en insistant sur une nécessaire appréhension des Lois afin de s’unir à la Conscience impérissable (le Dieu en nous) : il est question d’une saine et juste utilisation (par les formes inférieures) d’énergies spécifiques permettant l’octroi de Qualités supérieures… Si l’Etre Suprême avait créé le couteau, le beurre et la tartine, rien n’obligerait cependant quiconque, ensuite, à utiliser le couteau pour tuer son prochain ! Et si néanmoins il le fait cela ne résulte que de la seule initiative issu de sa liberté : parce qu’il décida sottement, par lui-même (et POUR lui-même), d’exploiter un élément neutre afin d’en faire un objet de domination et de contentement exclusif. Définition d’ailleurs assez limpide de ce qu’est l’inversion de l’intelligence dans un mental imparfait, et donc de ce qu’est la notion de mal…

Ceci écrit, deux données apparaissent dès lors en filigrane : un mauvais usage du libre arbitre et une emprise de l’ego inférieur ! Deux facteurs qui, sans maîtrise, augmentent considérablement les (mal)chances d’une incompréhension, d’erreurs ou d’inversion du Schéma positif.

D’un point de vue hermétiste, la nature du mal est littéralement le détournement (voire l’inversion) de l’Intelligence Universelle : laquelle pousse au Perfectionnement et à la centralité de toutes les formes pensantes. Ce qui signifie qu’une fracture se réalisa à un moment donné : non au niveau des Forces grandioses disposant la Vie, mais à l’échelon de la compréhension et de l’application de celles-ci par des êtres « subalternes »… Tout ceci à l’intérieur de consciences telles que celles des hommes qui, utilisant pour leur « bonheur » personnel les multiples forces liées à l’Intelligence sus-dite, l’altère, la débauche, la pervertisse et en font un principe séparatiste (envers tous et envers le Tout)…

Il importe d’insister sur ce point : le mal n’a définitivement PAS d’existence réelle ! Il n’est qu’une exaction commise par des natures et des intellects ignorants qui usent des Bienfaits universels afin de les capter et d’en tirer profit pour leur unique et entière satisfaction : en s’exemptant au possible de toute direction et élévation métaphysique… Nous sommes ici en présence d’une utilisation très maladroite (voire mauvaise) du libre choix accordé à chaque être pensant ! Ce faisant, en détournant les Principes à leur seul avantage, de tels individus s’exilent d’eux-mêmes du Chemin spirituel enrichissant : et ce jusqu’à la saine perception personnelle des Lois et un changement intérieur conséquent. En d’autres termes, si ces dites Règles évolutives peuvent résolument s’associer à la Divinité, les repousser (comme le réalise chaque structure imprégnée d’erreurs) c’est pareillement dédaigner tout ce qui permet l’Union avec la Flamme résidant en notre sein !

On s’en aperçoit donc : le mal est « simplement » le rejet intime (mais se reflétant à l’extérieur), par bêtise, crétinerie ou vilenie, de toutes les Puissances, Énergies, Vertus qui mènent à la Réalisation de soi ! Le mal est la résultante d’un état d’esprit qui veut régner à la périphérie, et qui utilise à ce titre jusqu’aux Principes Divins qu’il détourne à son seul bénéfice… En conséquence, cette négation ne peut vivre et survivre que DANS et PAR la conscience de qui lui donne forme et force… Étant résultat d’un mode de pensée spécifique, c’est donc là, dans l’intimité des formes pensantes, qu’il se génère, grandit, demeure… On ne s’étonnera dès lors nullement des similitudes avec le concept d’obscurité: ces deux sujets sont effectivement des représentations négatives. L’un comme l’autre ne subsistent que par absence de leurs contraires : ce qui atteste on ne peut mieux que ces dits contraires (le Bien, la Lumière) sont les clés substantielles, ontologiques, l’essence.

Une différence existe toutefois pour nous : de par sa liberté, l’homme peut « jongler » entre ces deux extrêmes que sont le crime et la Noblesse… Car s’il est exact que nul ne saurait créer une quelconque obscurité sauf à voiler ou éteindre la source lumineuse, il n’est pas moins correct de déclarer que l’homme peut générer de la négativité « par intervalle » et en faire tout autant avec la Compassion… Cependant, en produisant quelque mal que ce soit, notre nature exerce assurément une coercition sur des Préceptes élévateurs et les manipule à son intérêt durant un moment. Hélas, et en cela le Savoir et l’intelligence s’avèrent prépondérants, ceci se réalise indubitablement et progressivement à notre désavantage… Car en occultant le Germe de Lumière naissent et croissent les ténèbres : et ceux-ci enchaîneront d’autant plus qu’ils sont, en vérité, le produit d’un dessein intérieur personnel.

L’ombre est une absence de Lumière : le mal n’a de réalité qu’en vertu d’une disparition, d’un assombrissement ou d’une opacité de la Beauté dont notre liberté, hélas, a le triste et exclusif monopole causal…

La Nuisance est donc fondamentalement la dissimulation du Vrai (les normes Divines menant à la Perfection) ! Au niveau métaphysique, elle représente une aberration et n’est que corollaire de choix stupides et vains issus de la volonté des êtres pensants… Mais si son activité se résout à partir des consciences qui lui donnent existence alors, en toute bonne logique, au plus ces dites consciences comprendront et ATTESTERONT ce qui fonde la grande Loi ascendante, et au plus le mal aura de grande difficulté pour distendre, modifier, altérer le lien avec la Cause…

Néanmoins, comme précisé ci-dessus, si c’est là une certitude à l’échelon spirituel, la notion d’expérience perceptible à notre niveau certes l’intègre mais doit également la dépasser ! Car, d’un point de vue hermétiste, l’ombre[5]  est nécessaire à l’Édification des hommes : pour autant que la chose soit parfaitement appréhendée d’abord, maîtrisée ensuite… J’y reviens plus bas.

Le mal est donc indéniablement une énergie qui trouve source et finalité dans les consciences décentrées : il ne peut agir que par l’intermédiaire ces dernières ! Cependant, lorsqu’on analyse ce « problème », il est tentant de ne percevoir que les conséquences, délaissant les origines : et alors même que toute la Nature est soumise à la Loi de causalité. La raison en est que nous essayons d’apporter des réponses qui oublient, trop souvent, quelques points essentiels : tel le phénomène de dualité…

L’univers de la forme est dual car il permet d’expérimenter deux Polarités (et deux Aspects de celles-ci) bien distinctes. Notre esprit fragmentaire et séparatiste a besoin de savoir ce qu’est le clair obscur afin de distinguer, de connaître, de joindre et de vivre de la Pure Lumière ! Les premiers hommes (qu’on ne peut d’ailleurs nommer ainsi), non soumis qu’ils furent tout d’abord au feu du mental, aidés et guidés par les « dieux qui marchaient parmi eux », ne pouvaient au départ percevoir ni laideur ni beauté. A l’instar des esprits « subtils » ils ne devaient pas davantage combattre pour la possession de la véritable Conscience : ils apprenaient certaines leçons dans un monde idéal non investi par les multiples, douloureux  et permanents échelons du choix.

Mais le don du mental changea la donne… Feu unitif OU séparatiste, poussant à une saine Solidarité ou à la vaine émancipation,  le mental humain, depuis lors, est obligé à une lutte intérieure constante : guerre toutefois d’autant plus essentielle qu’elle seule autorise le développement et l’émergence de la Soi-Conscience ! Car pour illuminer les ténèbres, il est fondamental que la Lumière les éclaire : la nécessité de la Quête sublime (celle de la Conscience impérissable) ne fait donc aucun doute et est une astreinte absolue pour les êtres qui, à notre instar, cheminent dans la dualité.

Il y a certes parfois des maux nécessaires… La Loi karmique, par exemple, rééquilibre souvent les choses et les êtres de manière pénible. Ceci peut se remarquer au niveau individuel[6], mais également, à un niveau supérieur, c’est-à-dire jusqu’au niveau planétaire : là où les exactions des forces noires (permises par la Providence…) sont autorisées et intègrent, elles aussi, cette dite Règle de la juste rétribution… Ce dernier facteur est d’ailleurs intéressant, car l’opération de Karma prouve qu’il s’agit effectivement ici d’un travail totalement axé sur l’épuration des CONSÉQUENCES ! Car la Nuisance, quelque forme qu’elle prenne, ne se situe pas au niveau de l’essence (nous le vîmes) mais à celui des répercussions, des fruits générés par un mode de pensée et d’action issus d’une structure discordante, anormale, inharmonieuse par rapport aux Normes évolutives.

Notre Finalité, qui n’est autre que l’Union au Germe Divin en nous, nécessite dès lors que soient maîtrisées toute notre structure, l’ensemble des polarités électromagnétiques qui la composent, ainsi que leurs déclinaisons aux échelons constructeur et destructeur ! En conséquence nombre de facteurs qui, de prime abord pouvaient apparaître comme un mal sont en réalité autant de piédestaux pour l’obtention du Bien le plus éminent qui soit… Les multiples déclinaisons de l’Énergie-Une devant, « simplement« , être assujetties au Dieu qu’il nous faut démontrer et attester progressivement.

Celui qui s’unit à la Divinité et La devient, qui a conscience de sa Conscience et en vit, celui-là perçoit l’ensemble des forces en action dans la Nature, les considère adéquatement, et les analyse à l’aune d’une vision globale intégrant avec pertinence l’action des deux Polarités universelles. Il conçoit en outre que son antique déchéance (similaire à l’actuelle), pour délicate qu’elle soit, n’est que temporaire et s’estompe à mesure d’un profond rééquilibrage structurel : ce dernier étant inhérent au Sentier même qu’il parcourt. Je m’en suis expliqué dans mon ouvrage «  »La Théurgie- de l’involution spirituelle à l’Édification planétaire« .

En définitive et à notre niveau, le mal n’existant que parce qu’on lui permet de le faire (en voilant la Lumière), l’exigence d’un combat intérieur apparaîtra à quiconque fait l’effort de le comprendre… Par extension, générer davantage de Lumière, pour soi et ce globe, grâce à la maîtrise graduelle des aspects positifs et “négatifs” des Polarités, c’est automatiquement s’inscrire dans le Mouvement Primordial généré par l’Unique.

Le paradoxe de tout ceci c’est que le mal, qui n’a aucune existence propre[7], demande pourtant à être endigué… C’est là l’effet de la dualité qui se fera sentir jusqu’à l’atteinte du Haut Mental : palier correspondant à un état où l’Etre domine totalement les basses passions et s’intègre concrètement dans le Plan Divin. Et cette dite dualité, il faut insister sur ce point, est obligatoire afin de comprendre, avec certitude, où se situe le véritable Chemin édificateur !

D’aucuns prétendront il est vrai qu’existent toutefois des entités méphitiques dont la nocivité n’est plus à démontrer, certaines démoniaques et d’autres déchues : ces dernières, n’ayant pu[8] intégrer (sur d’autres Sphères) l’aspect final de leur Ronde planétaire… C’est totalement exact mais, tout en insistant sur leur liberté qui est aussi absolue que la nôtre[9], on ne peut cependant qu’arriver au même constat : à savoir qu’au plus la vraie Conscience se révèle, au plus la structure et la forme s’ennoblissent et reflètent les Qualités Divines, et au plus les divers miasmes noirs sont inefficaces à inverser la tendance ascensionnelle de l’être… Inversement, au plus le for intérieur génère et finit par être submergé d’inconstances et de disharmonies (tel est le mal) et moins peut se révéler la Sublimité Éternelle inhérente à toutes les modèles pensants. Ce qui conduit, en définitive, à l’inéluctable perte de l’âme…

Reste que l’ensemble des puissances ténébreuses[10] sont effectivement à mêmes d’intégrer le concept de mal : mais tout cela, bien loin d’invalider ces quelques lignes, consacre au contraire parfaitement cette analyse ! De fait, si nombre d’Initiés, dont Franz Bardon n’est pas le moindre, insistent sur l’assujettissement de ces personnages, ce n’est évidemment pas un hasard… Car comment se déclarer Divin, Héraut de l’Ordre universel, sans soumettre jusqu’à ceux qui le dénigrent ou le manipulent au plus haut point ? Et comment y arriver sans refléter jusque dans sa structure les Qualités Divines et donc s’harmoniser avec le Bien Absolu : celui-ci étant l’Expression Pure de la Volonté Originelle et la Toute-Puissance ?

La négativité extérieure, qui est le propre d’êtres aussi libres que nous le sommes, se neutralise toutefois (A TERME) par une identique démarche s’axant sur une acceptation de la Règle Primordiale : à savoir l’acquisition de la Vie et de l’Etre-même de la Divinité dont une Parcelle (qui est cependant le Tout) réside en notre sein…

Appréhender l’Esprit jusqu’à Le devenir, tel est l’Appel Divin qui résonne depuis l’Origine jusqu’à nous ! A chacun d’y répondre comme il l’entend, mais si l’objectif est réellement d’illuminer ce Monde au point que ne puisse que très difficilement se percevoir l’Ombre, alors il n’est que la Voie de l’unitive Harmonie à la Cause sans cause qui fasse sens…

L’apparent problème du mal se résume en conséquence à un problème d’Évolution de la Conscience : ainsi qu’il fut rappelé par beaucoup à travers temps et espace…

Thot Théurge
http://www.theurgie.com

[1] Avec toutes ses subdivisions vibratoires jusqu’à notre système solaire.

[2] Qu’il soit physique et/ou psychique et/ou mental.

[3] Chemin passif mais toutefois générateur d’erreurs postérieures.

[4] Celui-ci n’étant, n’espérant et ne façonnant que l’Édification.

[5] C’est-à-dire l’atténuation POUR UN TEMPS de la Lumière.

[6] Pour peu qu’une adéquate introspection soit de mise.

[7] Sinon à le vouloir personnellement, par nos pensées et nos actions…

[8] car n’ayant pas réellement VOULU…

[9] Et en sachant que ces dernières créatures ne savent plus évoluer spirituellement.

[10] D’aucunes reflétant le Bien-Négatif nécessaire à la Réalisation humaine…

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