De la Magie

A l’inverse d’opinions erronées qui sont autant de rumeurs, il n’est pas inopportun de rappeler ici certains axiomes…

Bien des personnes estiment que le Savoir magique est similaire à un onguent dont ils peuvent se servir selon leurs besoins, utilité ou nécessité. Sans plus. Comme si « l’Offrande des Dieux » n’avait pour seul objectif que de rectifier les contrecoups de nos maladresses et ne jouxtait que la forme… Comme si la compréhension profonde et véritable des causes et des Normes n’était pas essentielle afin d’éviter de faire, sempiternellement, fausse route!

En vérité, la Magie n’est PAS un outil de prestidigitation utile pour corriger nombre d’impairs liés à la méconnaissance des Prescriptions supérieures (ce qui engendre inévitablement des conséquences plus ou moins intenses dans la vie) ! C’est là une fonction qui certes existe mais qui se trouve être très secondaire voire dangereuse si on s’en tient uniquement à cela.

Bien qu’il se puisse donc qu’une aide urgente soit sollicitée, se concrétise et redresse quiconque en a besoin, la pratique magique ne se limite cependant pas à ce seul aspect… Absolument distinct d’un remède commode utilisable lorsque le résultat des mauvais choix personnels (généralement issu de l’ignorance) submerge la vie, l’Art opératif dépasse néanmoins ce cadre inférieur et son rôle, en réalité, est la transformation de notre constitution afin qu’elle se conforme, de plus en plus, à l’Harmonie consciente : c’est-à-dire un état supérieur qui dépasse l’Image et que l’on peut résolument qualifier de Divin puisque cette condition avoisine la Ressemblance…

Imputer à la Magie une tâche fragmentaire et l’associer à l’unique soulagement des multiples contraintes issues de l’ignorance (et donc de l’égarement consécutif qui en résulte), n’est rien moins que ramener la Science des sciences à une fonction subalterne qui, en outre, ne règle que ponctuellement (et pour un temps) les diverses difficultés existentielles… Mais quel est l’intérêt de se contenter uniquement d’un baume tandis que le Remède est disponible en totalité pour qui le souhaite ? Pourquoi donc se satisfaire de si peu quand le Ciel peut s’ouvrir totalement ? Pourquoi s’attacher aux fruits altérés alors qu’en vérité, si on s’en donne les moyens, l’Arbre peut profondément se ressourcer et mûrir de manière conséquente et durable ?

Une motion et une action intérieures se doivent donc d’être exécutées : tout en espérant lorsque cela s’impose (et on peut aisément le comprendre) une atténuation de différentes souffrances pilonnant l’existence ! Reste qu’il importe de saisir, au plus haut point, que la simple gestion des conséquences n’est pas la solution réelle : seule l’Evolution de la Conscience (autrement dit la Connaissance des Lois universelles et leur concrétisation en nous, au niveau vibratoire de notre être) est susceptible (à terme, selon notre karma) de modifier, d’atténuer voire de dissoudre tous les résidus inconscients (et forcément inconnus) qui sont autant d’obstacles sur la Voie de l’Harmonisation et donc, pour qui sait le voir, sur le chemin du « bonheur » auquel nous sommes tous destinés… La Magie (entre autres choses) lève donc progressivement le voile de l’ignorance : laquelle, comme il fut écrit ailleurs, est la cause principale de toutes les douleurs endurées ultérieurement. Lorsque le savoir des causes qui engendrent le mal-être est discerné, il est bien plus facile de changer ces dites causes…

Il ne faut donc pas se méprendre sur cette Science ! S’il est vrai qu’elle peut alléger, endiguer ou résorber quelque désagrément (de tout ordre) associé à la vie dans la Densité, il n’est pas moins exact que c’est là un rôle essentiellement mineur mais sur lequel, hélas, semblent insister et se concentrer beaucoup de personnes… Toutefois, l’objectif de la Magie (et des Rituels théurgiques qui y sont attachés), n’est pas tant de gérer les conséquences dérivées de nos actes mais plutôt d’aider à discerner les multiples origines de nos erreurs et, surtout, d’élever notre Conscience (c’est-à-dire notre coeur, notre esprit, notre structure complète) afin de pouvoir, progressivement, témoigner et attester des Lois universelles au sein desquelles l’Harmonie occupe une place primordiale.

Bien que l’urgence de certaines situations autorise donc quelquefois l’utilité pressante du Savoir Sacré, ne pas distinguer dans la Magie autre chose qu’un ensemble de techniques ou de possibilités servant des intérêts, certes impératifs mais néanmoins personnels et fortement éloignés de considérations axées sur la Loi de Solidarité, est improductif sur le long terme si ne s’y ajoute également une orientation individuelle concrète, claire, décidée, altruiste, axée sur les objectifs divins : ceux-ci s’orientant, il convient de l’assimiler, dans une seule et unique direction qui est la Centralité DE TOUS !!

La Providence n’est pas là pour s’ajuster à nos erreurs et pour les réparer au besoin ! La Providence, au travers des énergies diversifiées nous atteignant, peut bien évidemment être rectificatrice au sens ponctuel du terme mais elle l’est surtout, et c’est là un point sur lequel on n’insistera jamais assez, au niveau de notre nature blessée, de notre structure, de nos sens et nos élans erratiques qui nous rendent esclaves de nos pulsions, de réflexes incohérents voire stupides, et de déséquilibres qui briment ou freinent notre Destinée réelle…

Il ne faut jamais se départir de cette vérité : c’est le fond qui détermine la forme ! Autrement dit ce sont les causes qui caractérisent les conséquences postérieures… Dès lors, s’il est avéré (et la Création en atteste dès l’Origine) que les Normes et les Lois divines sont l’exemple le plus manifeste d’une Harmonie, chacun peut aisément concevoir qu’en s’accordant à ce Rythme Parfait (en le comprenant, en l’acceptant et en le manifestant) un changement intérieur indéniable et conséquent pourra voir le jour tout en permettant de saisir avec exactitude la source des errements passés…

Les nécessités urgentes propres à nos existences dans cette Densité, existences liées à la souffrance (et que chacun expérimente) ne doivent cependant pas occulter l’importance supérieure que d’aucun peut obtenir grâce à l’Art magique : importance qui n’est rien moins que l’harmonisation, graduelle mais de plus en plus patente, de toute notre individualité avec les Règles supérieures !

C’est en modifiant avec justesse et profondeur notre être que se corrigent aussi, progressivement, notre environnement et donc aussi, inévitablement, notre manière de comprendre, d’appréhender et de nous mouvoir en ce Monde. Nul ne résout définitivement les problèmes liés à la périphérie en restant au niveau de celle-ci… On solutionne les conséquences en supprimant les causes responsables et, bien mieux encore, en créant de nouvelles causes ! Mais cela n’est pas possible sans le vouloir, sans savoir, sans oser…

En définitive, la Science opérative qu’est la Magie n’est pas à comprendre (et encore moins à appliquer exclusivement) comme une panacée dont on se sert pour restreindre les diverses contraintes ressenties dans la vie : elle doit au contraire être interprétée comme étant la Sagesse offerte (à qui veut) afin que les multiples scories de notre constitution boiteuse se dissolvent, et qu’un éveil (progressif et adapté à tous) nous éloigne du fragmentaire, de l’illusion, de la séparativité…

La Providence, qui respecte au plus haut point notre liberté (même si celle-ci nous conduit à la faute) nous offre dès lors bien davantage qu’une aide ponctuelle, Elle s’évertue à nous rendre conscients : conscients des Lois universelles et, surtout (tel est le Cadeau), de notre sainte capacité à intégrer ces Normes divine en nous ! Tout en les partageant au dehors…
Thot Theurge
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